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La croyance relative à Éclipse



L'éclipse chez les païens

C'était une opinion générale, chez les païens, que les éclipses de lune procédaient de la vertu magique de certaines paroles, par lesquelles on arrachait la lune du ciel, et on l'attirait vers la terre pour la contraindre de jeter l'écume sur les herbes, qui devenaient, par là, plus propres aux sortilèges des enchanteurs. Pour délivrer la lune de son tourment et pour éluder la force du charme, on empêchait qu'elle n'en entendit les paroles en faisant un bruit horrible.
Une éclipse annonçait ordinairement de grands malheurs, et on voit souvent, dans l'antiquité des armées refuser de se battre à cause d'une éclipse.


Les éclipses chez les péruviens

Au Pérou, quand le soleil s'éclipsait, ceux du pays disaient qu'il était lâché contre eux, et se croyaient menacés d'un grand malheur. Ils avaient encore plus de crainte dans l'éclipse de lune. Ils la croyaient malade lorsqu'elle paraissait noire, et ils comptaient qu'elle mourrait infailliblement si elle achevait de s'obscurcir; qu'alors elle tomberait du ciel, qu'ils périraient tous, et que la fin du monde arriverait.
Ils en avaient une telle frayeur, qu'aussitôt qu'elle commençait à s'éclipser ils faisaient un bruit terrible avec des trompettes, des cornets et des tambours. Ils fouettaient des chiens pour les faire aboyer, dans l'espoir que la lune, qui avait de l'affection pour ces animaux, aurait pitié de leurs cris et s'éveillerait de l'assoupissement que sa maladie lui causait. En même temps, les hommes, les femmes et les enfants la suppliaient, les larmes aux yeux et avec de grands cris, de ne point se laisser mourir, de peur que sa mort ne fût cause de leur perte universelle.
Tout ce bruit ne cessait que quand la lune, reparaissant, ramenait le calme dans les esprits épouvantés.


Les éclipses à travers les cultures

Les Talapoins prétendent que quand la lune s'éclipse, c'est un dragon qui la dévore, et que quand elle reparaît, c'est le dragon qui rend son dîner.
Dans les vieilles mythologies germaniques, deux loups poursuivaient sans cesse le soleil et la lune. Les éclipses étaient des luttes contre ces monstres.
Les Européens crédules aussi regardaient autrefois les éclipses comme des signes fâcheux. Une éclipse de soleil, qui arriva le 13 août 1664, fui annoncée comme l'avant-coureur d'un déluge semblable a celui qui était arrivé du temps de Noé, ou plutôt d'un déluge de feu qui devait amener la fin du monde. Cette prédiction épouvanta tellement qu'un curé de campagne, ne pouvant suffire à confesser tous ses paroissiens, qui craignaient de mourir dans cette circonstance, et sachant que tout ce qu'il pourrait leur dire de raisonnable à cet égard ne prévaudrait pas contre les prédictions fâcheuses, fut contraint de leur annoncer au prône qu'ils ne se pressassent pas tant, et que l'éclipse avait été remise à quinzaine...
Dans les Indes on est persuadé, quand le soleil et la lune s'éclipsent, qu'un certain démon aux griffes noires les étend sur les astres dont il veut se saisir. Pendant ce temps, on voit les rivières couvertes de têtes d'Indiens qui sont dans l'eau jusqu'au cou.
Les Lapons sont convaincus aussi que les éclipses de lune sont l'ouvrage des démons.
Les Chinois prétendaient, avant l'arrivée des missionnaires, que les éclipses étaient occasionnées par un mauvais génie qui cachait le soleil de sa main droite et la lune de sa main gauche. Cependant cette opinion n'était pas générale, puisque quelques-uns d'entre eux disaient qu'il y avait au milieu du soleil un grand trou, et que, quand la lune se rencontrait vis-à-vis, elle devait naturellement être privée de lumière.
Dieu, disent les Persans, tient le soleil enfermé dans un tuyau qui s'ouvre et se ferme au bout par un volet. Ce bel œil du monde éclaire l'univers et l'échauffé par ce trou. Et quand Dieu veut punir les hommes par la privation de la lumière, il envoie l'ange Gabriel fermer le volet, ce qui produit les éclipses.
Les Mandingues, nègres mahométans qui habitent l'intérieur de l'Afrique, attribuent les éclipses de lune à un chat gigantesque qui met sa patte entre la lune et la terre. Et pendant tout le temps que dure l'éclipse, ils ne cessent de chanter et de danser en l'honneur de Mahomet.
Les Mexicains, effrayés, jeûnaient pendant les éclipses. Les femmes se maltraitaient, et les filles se tiraient du sang des bras. Ils s'imaginaient que la lune avait été blessée parle soleil pour quelque querelle de ménage.

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