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La croyance relative à Ajournement



Le pouvoir des mourants

On croyait assez généralement autrefois que si quelque opprimé, au moment de mourir, prenait Dieu pour juge, et s'il ajournait son oppresseur au tribunal suprême, il se faisait toujours une manifestation du gouvernement temporel de la Providence.
Nous ne parlons de l'ajournement du grand-maître des Templiers qui cita le pape et le roi de France que pour remarquer que cet ajournement a été inventé après coup. Mais lé roi d'Aragon Ferdinand IV fut ajourné par deux gentilshommes injustement condamnés, et mourut au bout de trente jours.
Énéas Sylvius raconte que François Ier, duc de Bretagne, ayant fait assassiner son frère en 1450, ce prince, en mourant, ajourna son meurtrier devant Dieu, et que le duc expira au jour fixé.
On avait autrefois grande confiance en ces ajournements, et les dernières paroles des mourants étaient redoutées. On cite même une foule d'exemples qui feraient croire qu'un condamné peut toujours, à sa dernière heure, en appeler ainsi d'un juge inique. Si ce n'était qu'une idée, dans les temps barbares elle pouvait être salutaire.


Qu'en est-il des mourants coupables?

Mais n'était-ce qu'une idée? De L'Ancre dit qu'un innocent peut ajourner son juge, mais que l'ajournement d'un coupable est sans effet. Comme les sorciers ajournaient leurs condamnateurs, il raconte, d'après Paul Jove, que Gonzalve de Cordoue ayant condamné à mort un soldat sorcier, ce soldat s'écria qu'il mourait injustement, et qu'il ajournait Gonzalve à comparaître devant le tribunal de Dieu. « Va, va, lui dit Gonzalve, hâte-toi d'aller et fais instruire le procès: mon frère Alphonse, qui est dans le ciel, comparaîtra pour moi. » L'ajournement ne lui fut pas fatal.

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