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La croyance relative à Apollonius de Tyanes



Le roman de Philostrate

Apollonius de Tyanes est un philosophe pythagoricien, né à Tyanes en Cappadoce, un peu de temps après notre Seigneur Jésus-Christ. Philostrate, au commencement du IIIe siècle, plus de cent ans après la mort d'Apollonius, dont personne ne parlait plus, imagina le roman de sa vie pour opposer quelque chose de prodigieux à l'Évangile. Il dit qu'il écrit sur des mémoires laissés par Damis, ami et secrétaire d'Apollonius. On peut juger du degré de confiance que méritaient ces écrivains par ce trait de Damis, qui assure avoir vu, en traversant le Caucase, les chaînes de Prométhée encore fixées au rocher. Philostrate admit tout et embellit les récits de Damis.
La mère d'Apollonius fut avertie de sa grossesse par un démon. Un salamandre fut son père, selon les cabalistes. Les cygnes chantèrent, quand il vint au monde, et la foudre tomba du ciel. Sa vie fut une suite de miracles. Il ressuscitait les morts, délivrait les possédés, rendait des oracles, voyait des fantômes, apparaissait à ses amis éloignés, voyageait dans les airs porté par des esprits, et se montrait le même jour en plusieurs endroits du monde. Il comprenait le chant des oiseaux.
Philostrate conte qu'étant venu au tombeau d'Achille, à qui il voulait parler, Apollonius évoqua ses mânes; qu'après un tremblement de terre autour du tombeau, il vit paraître d'abord un jeune homme de sept pieds et demi; que le fantôme, qui était d'une beauté singulière, s'éleva ensuite à dix-huit pieds. Apollonius lui fit des questions frivoles. Comme le spectre répondait grossièrement, il comprit, qu'il était possédé d'un démon, qu'il chassa. Après quoi il eut sa conversation réglée.
Un jour qu'il était à Rome, où il avait rendu la vie à une jeune fille morte le matin de ses noces, il y eut une éclipse de lune accompagnée de tonnerre. Apollonius regarda le ciel, et dit d'un ton prophétique: « Quelque chose de grand arrivera et n'arrivera pas. » Trois jours après la foudre tomba sur la table de Néron, et renversa la coupe qu'il portait à sa bouche; ce qui était l'accomplissement de la prophétie.
Dans la suite l'empereur Domitien, l'ayant soupçonné de sorcellerie, lui fit raser le poil pour s'assurer s'il ne portait pas les marques du diable, comme dit Pierre De L'Ancre. Mais Apollonius disparut sans qu'on sût par où il s'était sauvé. Ce n'était pas la première fois qu'il s'échappait ainsi. Sous Néron, on avait dressé contre lui un acte d'accusation. Le papier se trouva tout blanc au moment où le juge voulut en prendre lecture.
De Rome il se rendit à Éphèse. La peste infestait cette ville. Les habitants le prièrent de les en délivrer. Apollonius leur commanda de sacrifier aux dieux. Après le sacrifice, il vit le diable en forme de gueux tout déguenillé. Il commanda au peuple de l'assommer à coups de pierre, ce qui fut fait. Lorsqu'on ôta les pierres, on ne trouva plus à la place du gueux lapidé qu'un chien noir qui fut jeté à la voirie, et la peste cessa.
Au moment où Domitien périt, Apollonius, au milieu d'une discussion publique, s'arrêta, et, changeant de voix, s'écria, inspiré par le diable: « C'est bien fait, Etienne, courage! tue le tyran. » Ensuite, après un léger intervalle, il reprit: « Le tyran est mort. » Etienne en ce moment assassinait Domitien.
Ce fut alors, à ce qu'on croit, que le sorcier Vespésion, pour montrer qu'il pouvait enchanter les arbres, commanda à un orme de saluer Apollonius; ce que l'orme fit, mais d'une voix grêle et efféminée. C'était bien excusable de la part d'un orme.
Apollonius était, dit-on, habile faiseur de talismans. Il en fit un grand nombre à Tyanes, à Rome, à Byzance, à Antioche, à Babylone et ailleurs, tantôt contre les cigognes et les scorpions, tantôt contre les débordements et les incendies.


Les parallèles entre Apollonius et Jésus-Christ

Apollonius fut regardé par les uns comme un magicien, comme un dieu par les autres. On l'honora même après sa mort. Mais sa vie, nous le répétons, n'est qu'un roman calculé. Apollonius est annoncé par un démon. Les cygnes chantent à sa naissance, tous les autres prodiges sont combinés ainsi de manière à pouvoir être comparés, avec cette différence que ceux d'Apollonius ne méritaient pas même le peu de succès qu'ils ont eu.
La foudre qui tombe du ciel est opposée à l'étoile qui parut en Bethléem. Les lettres de félicitation que plusieurs rois écrivirent à la mère d'Apollonius répondent à l'adoration des mages. Les discours qu'il prononçait fort jeune dans le temple d'Esculape répondent à la dispute de Jésus enfant parmi les docteurs. Le fantôme qui lui apparut en traversant le Caucase s'opposent à la tentation du diable dans le désert, etc.
« Ces parallèles montrent la malice grossière et la finesse mal tissue de Philostrate, et le cas qu'on doit faire de ces fables n'est pas de les rapporter à la magie, comme a fait François Pic, mais de les nier totalement comme des stupidités grossières. »
Hiéroclès, qui osa faire sous Dioclétien, dans un écrit spécial, la comparaison d'Apollonius et de notre Seigneur Jésus-Christ, a été réfuté par Eusèbe, qui veut bien regarder Apollonius comme un magicien. Leloyer pense que ce fut Simon qui lui enseigna la magie noire; et Ammien-Marcellin se contente de le mettre dans le nombre des hommes qui ont été assistés de quelque démon familier, comme Socrate et Numa.
On sait peu de chose sur la fin de la vie d'Apollonius. On assure qu'à l'âge de 100 ans il fut emporté par le diable, qui était son père, quoique Hiéroclès ait eu le front de soutenir qu'il avait été enlevé au ciel. Vopiscus dit que, par la suite, le spectre d'Apollonius apparut à l'empereur Aurélien qui assiégeait Tyanes, et lui recommanda d'épargner sa ville, ce que fit Aurélien. Il y a eu des gens qui ont trouvé Apollonius vivant au XIIe siècle.

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