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La croyance relative à Bêtes


Il y a, dans les choses prodigieuses de ce monde, beaucoup de bêtes qui figurent avec distinction.
Les bêtes ont été longtemps des instruments à présages: les sorciers et les démons ont emprunté leurs formes; et souvent on a brûlé des chats et des chiens dans lesquels on croyait reconnaître un démon caché ou une sorcière.


Des bêtes fabuleuses

Dans les campagnes on effraie encore les enfants de la menace de la Bête à sept têtes, dont l'imagination varie en tous lieux la laideur. L'opinion de cette bête monstrueuse remonte à la Bête de l'Apocalypse.
Des personnes accoutumées aux choses extraordinaires ont vu quelquefois des spectres de bêtes. On sait la petite anecdote de ce malade à qui son médecin disait:
« — Amendez-vous, car je viens de voir le diable à votre porte.
— Sous quelle forme? demanda le moribond.
— Sous celle d'un âne.
— Bon, répliqua le malade, vous avez eu peur de votre ombre. »


Les doctes sur les bêtes

Des doctes croient encore que les animaux, à qui ils n'accordent point d'âme, peuvent revenir, et on cite des spectres de ce genre.
Meyer, professeur à l'Université de Halle, dans son Essai sur les apparitions, dit que les revenants et les spectres ne sont peut-être que les âmes des bêtes qui, ne pouvant aller ni dans le ciel ni dans les enfers, restent ici errantes et diversement conformées. Pour que cette opinion eût quelques fondement, il faudrait croire, avec les péripatéticiens, que les bêtes ont une âme quelconque: ce qui n'est pas facile.
Les pythagoriciens sont allés plus loin, ils ont cru que par la métempsycose, les âmes passaient successivement du corps d'un homme dans celui d'un animal. Ils respectaient les brutes, et disaient au loup: « Bonjour, frère. »
Le père Bougeant, de la compagnie de Jésus, dans un petit ouvrage plein d'esprit, l'Amusement philosophique sur le langage des bêtes, adopta par plaisanterie un système assez singulier. Il trouva aux bêtes trop d'esprit et de sentiment pour n'avoir pas une âme. Mais il prétendit qu'elles étaient animées par des démons qui faisaient pénitence sous cette enveloppe en attendant le jugement dernier, époque où ils seraient plongés en enfer. Ce système est soutenu de la manière la plus ingénieuse: ce n'était qu'un amusement. On le prit trop au sérieux. L'auteur fut gravement réfuté et obligé de désavouer publiquement des opinions qu'il n'avait mises au jour que comme un délassement. Cependant, le père Gaston Pardies, de la même société de Jésus, avait écrit, quelque temps auparavant, que les bêtes ont une certaine âme, et on ne l'avait pas repris. Mais on pensa qu'auprès de certains esprits l'ingénieux amusement du père Bougeant pouvait faire naître de fausses idées.

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