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La croyance relative à Eau


Presque tous les anciens peuples ont fait une divinité de l'eau, qui, suivant quelques philosophes, était le principe de toute chose: les Guèbres le respectent. Un de leurs livres sacrés leur défend d'employer l'eau la nuit et de jamais remplir tout à fait un vase d'eau pour la faire bouillir, de peur d'en renverser quelques gouttes. Les cabalistes peuplent l'eau d'Ondins.


L'épreuve de l'eau amère

Cette épreuve avait lieu ainsi chez les anciens Juifs: lorsqu'un homme soupçonnait sa trois en mal, il demandait qu'elle se purgeât selon la loi. Le juge envoyait les parties à Jérusalem, au grand consistoire composé de soixante vieillards. La femme était exhortée à bien regarder sa conscience avant de se soumettre au hasard de boire les eaux amères. Si elle persistait à dire qu'elle était nette de péché, on la menait à la porte du Saint des Saints, et on la promenait afin de la fatiguer et de lui donner le loisir de songer en elle-même.
On lui donnait alors un vêtement noir. Un prêtre était chargé d'écrire son nom et toutes les paroles qu'elle avait dites. Puis, se faisant apporter un pot de terre, il versait dedans avec une coquille la valeur d'un grand verre d'eau. Il prenait de la poudre du tabernacle avec du jus d'herbes amères, raclait le nom écrit sur le parchemin, et le donnait à boire à la femme, qui, si elle était coupable, aussitôt blêmissait. Les yeux lui tournaient, et elle ne tardait pas à mourir. Mais il ne lui arrivait rien si elle était innocente.


L'eau bénite

C'est une coutume très ancienne dans l'Église, et de tradition apostolique, de bénir par des prières, des exorcistes et des cérémonies, de l'eau dont on fait des aspersions sur les fidèles et sur les choses qui sont à leur usage. Par cette bénédiction, l'église demande à Dieu de purifier du péché ceux qui s'en serviront, d'écarter d'eux les embûches de l'ennemi du salut et les fléaux de ce monde. Dans les constitutions apostoliques, l'eau bénite est appelée un moyen d'expier le péché et de mettre en fuite le démon.
On se sert aussi au sabbat d'une eau bénite particulière. Le sorcier qui fait les fonctions sacrilèges (qu'on appelle la messe du sabbat) est chargé d'en asperger les assistants.


L'épreuve de l'eau bouillante

On employait cette épreuve autrefois pour découvrir la vérité dans les tortures, qu'on appelait témérairement jugements de Dieu. L'accusé plongeait la main dans un vase plein d'eau bouillante pour y prendre un anneau suspendu plus ou moins profondément. Ensuite on enveloppait la main du patient avec un linge sur lequel le juge et la partie adverse apposaient leurs sceaux. Au bout de trois jours on les levait: s'il ne paraissait point démarques de brûlure, l'accusé était renvoyé absous.


L'eau d'ange

Pour faire de bonne eau d'ange, ayez un grand alambic, dans lequel vous mettez les drogues suivantes:

  • quatre onces de benjoin
  • deux onces de styrax
  • une once de sandal citrin
  • deux drachmes de clous de girofle
  • deux ou trois morceaux d'iris de Florence
  • la moitié d'une écorce de citron
  • deux noix de muscades
  • une demi-once de cannelle
  • deux pintes de bonne eau de roche
  • une chopine d'eau de fleurs d'orange
  • une chopine d'eau de mélilot

Vous mettez le tout dans un alambic bien scellé et distillé au bain-marie. Cette distillation sera une eau d'ange exquise, ainsi nommée parce que la recette en fut enseignée par un ange...


L'épreuve de l'eau froide

Cette épreuve était fort en usage au IXe siècle, et s'étendait non-seulement aux sorciers et aux hérétiques, mais encore à tout accusé dont le crime n'était pas évident. Le coupable, ou prétendu tel, était jeté, la main droite liée au pied gauche, dans un bassin ou dans une grande cuve pleine d'eau, sur laquelle on priait pour qu'elle ne pût supporter un criminel, de façon que celui qui enfonçait était déclaré innocent.


L'eau lustrale

Il s'agit d'une eau commune dans laquelle on éteignait un tison ardent tiré du foyer des sacrifices. Quand il y avait un mort dans une maison, on mettait à la porte un grand vase rempli d'eau lustrale apportée de quelque autre maison où il n'y avait point de mort. Tous ceux qui venaient à la maison de deuil s'aspergeaient de cette eau en sortant.
Par ailleurs, les druides employaient l'eau lustrale à chasser les maléfices.

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