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La croyance relative à Enchantement


On entend par enchantement l'art d'opérer des prodiges par des paroles chantées. Mais on a beaucoup étendu le sens de ce mot.


Des anecdotes sur les enchantements

On voyait, au rapport de Léon l'Africain, tout au haut des principales tours de la citadelle de Maroc, trois pommes d'or d'un prix inestimable, si bien gardées par enchantement que les rois de Fez n'y ont jamais pu loucher, quelques efforts qu'ils aient faits. Ces pommes d'or ne sont plus.
Marc Paul conte que des Tarlares ayant pris huit insulaires de Zipangu, avec qui ils étaient en guerre, se disposaient à les décapiter. Mais n'en purent venir à bout, parce que ces insulaires portaient au bras droit, entre cuir et chair, une petite pierre enchantée qui les rendait insensibles au tranchant du cimeterre. De sorte qu'il fallut les assommer pour les faire mourir.


L'art comme produit de l'enchantement

On entend souvent par enchantement quelque chose de merveilleux. Les arts ont aussi produit des enchantements, mais naturels et réunies comme œuvre de magie, par ceux-là seuls qui lui attribuent gratuitement tout ce qui est extraordinaire.
M. Van Estin, dit Decremps, dans sa Magie blanche dévoilée, nous fit voir son cabinet de machines. Nous entrâmes dans une salle, bien éclairée par de grandes fenêtres pratiquées dans le dôme. « Vous voyez, nous dit-il, tout ce que j'ai pu rassembler de piquant et de curieux en mécaniques. » Cependant, nous n'apercevions de tout côté que des tapisseries sur lesquelles étaient représentées des machines utiles, telles que des horloges, des pompes, des pressoirs, des moulins à vent, des vis d'Archimède, etc. « Toutes ces pièces ont apparemment beaucoup de valeur, dit en riant M. Hill, elles peuvent récréer un instant la vue, mais il paraît qu'elles ne produiront jamais de grands effets par leurs mouvements. »
M. Van Estin répondit par un coup de sifflet: aussitôt les quatre tapisseries se lèvent et disparaissent, la salle s'agrandit, et nos yeux éblouis voient ce que l'industrie humaine a inventé de plus étonnant: d'un côté, des serpents qui rampent, des fleurs qui s'épanouissent, des oiseaux qui chantent. De l'autre, des cygnes qui nagent, des canards qui mangent et qui digèrent, des orgues jouant d'elles-même se des automates qui touchent du clavecin. M Van Estin donna un second coup de sifflet et tous les mouvements furent suspendus. Un instant après, nous vîmes un canard nageant et barbotant dans un vase, au milieu duquel était un arbre. Plusieurs serpents rampaient autour du tronc, et allaient successivement se cacher dons les feuillages. Dans une cage voisine, étaient deux serins qui chantaient en s'accompagnant, un homme qui jouait de la flûte, un autre qui dansait, un petit chasseur et un sauteur chinois, tous artificiels et obéissant au commandement.

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