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La croyance relative à Excommunication


Il y a eu quelquefois des abus, de la part des hommes, dans l'usage des excommunications. Et on est parti de là pour crier contre ces excommunications, qui ont cependant rendu de si grands services à la société dans des siècles barbares. Mais on ne trouverait pas facilement, dans l'histoire, un excommunié, frappé régulièrement par le Saint-Siège, qui ait prospéré jusqu'au bout. Napoléon même peut fournir un exemple récent.


L'histoire du religieux du désert de Schété excommunié

On lit dans les Menées des Grecs, au 15 octobre, qu'un religieux du désert de Schété, ayant été excommunié par son supérieur pour quelque désobéissance, sortit du désert, et vint à Alexandrie, où il fut arrêté par le gouvernement de la ville, dépouillé du saint habit, puis vivement sollicité de sacrifier aux faux dieux. Le solitaire résista généreusement. Il fut tourmenté en diverses manières, jusqu'à ce qu'enfin on lui tranchât la tête. On jeta son corps hors de la ville. Les Chrétiens l'enlevèrent la nuit, et l'ayant enveloppé de linceuls, l'enterrèrent dans l'église comme martyr.
Mais pendant le saint sacrifice de la messe, le diacre ayant crié tout haut à l'ordinaire: Que les catéchumènes et ceux qui ne communient pas se retirent, on vit tout à coup le tombeau s'ouvrir de lui-même, et le corps du martyr se retirer dans le vestibule de l'église. Après la messe il rentra de lui-même dans son sépulcre.
Un pieux vieillard ayant prié pendant trois jours, apprit par révélation que ce religieux avait encouru l'excommunication pour avoir désobéi à son supérieur, et qu'il demeurait lié jusqu'à ce que ce même supérieur lui eût donné l'absolution.
On alla donc au désert, et l'on en amena le supérieur, qui fit ouvrir le cercueil du martyr et lui donna l'absolution, après quoi il demeura en paix dans son tombeau.
C'est un fait merveilleux, que nous ne prétendons pas donner comme incontestable.


L'impossible enterrement du chevalier excommunié

Dans le second concile de Limoges, tenu en 1031, l'évêque de Cahors raconte une aventure qui lui était particulière, et qu'il présenta comme toute récente: « Un chevalier de notre diocèse, dit ce prélat, ayant été tué dans l'excommunication, je ne voulus pas céder aux prières de ses amis, qui me suppliaient vivement de lui donner l'absolution: je voulais en faire un exemple, afin que les autres fussent touchés de crainte. Il fut enterré par quelques gentilshommes, sans cérémonies ecclésiastiques et sans l'assistance des prêtres, dans une église dédiée à saint Pierre.
Le lendemain matin, on trouva son corps hors de terre et jeté nu loin de son tombeau, qui était demeuré entier, et sans aucune marque qui prouvât qu'on y eût touché. Les gentilshommes qui l'avaient enterré n'y trouvèrent que les linges où il avait été enveloppé. Ils l'enterrèrent une seconde fois, et couvrirent la fosse d'une énorme quantité de terre et de pierres.
Le lendemain, ils trouvèrent de nouveau le corps hors du tombeau, sans qu'il parût, qu'on y eût travaillé. La même chose arriva jusqu'à cinq fois. Enfin ils l'enterrèrent, connue ils purent, loin du cimetière, dans une terre profane. Ce qui remplit les seigneurs voisins d'une si grande terreur qu'ils vinrent tous demander la paix. »


L'absolution d'un défunt excommunié

Jean Bromton raconte dans sa chronique que saint Augustin, apôtre de l'Angleterre, ayant dit devant tout le peuple, avant de commencer la messe: « Que nul excommunié n'assiste au saint sacrifice! » on vit sortir aussitôt de l'église un mort qui était enterré depuis de longues années.
Après la messe, saint Augustin, précédé de la croix, alla demander à ce mort pourquoi il était sorti. Le défunt répondit qu'il était mort dans l'excommunication. Le saint pria cet excommunié de lui dire où était enterré le prêtre qui avait porté contre lui la sentence. On s'y transporta. Augustin pria le prêtre de se lever: il le fit, et à la demande du saint évêque il donna l'absolution à l'excommunié, et les deux morts retournèrent dans leurs tombeaux.

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