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La croyance relative à Mimique


L'art de connaître les hommes par leurs gestes, leurs attitudes, etc. est la partie la moins douteuse de la physiognomonie. La figure est souvent trompeuse, mais les gestes et les mouvements d'une personne qui ne se croit pas observée peuvent donner une idée plus ou moins parfaite de son caractère.


La physiognomonie par les gestes

Rien n'est plus significatif, dit Lavater, que les gestes qui accompagnent l'attitude et la démarche. Naturel ou affecté, rapide on lent, passionné ou froid, uniforme ou varié, grave ou badin, aisé ou forcé, dégagé ou roide, noble ou bas, fier ou humble, hardi ou timide, décent ou ridicule, agréable, gracieux, imposant, menaçant, le geste est différencié de mille manières.
L'harmonie étonnante qui existe entre la démarche, la voix et le geste, se dément rarement. Mais pour démêler le fourbe, il faudrait le surprendre au moment où se croyant seul il est encore lui-même, et n'a pas eu le temps de faire prendre à son visage l'expression qu'il sait lui donner. Découvrir l'hypocrisie est la chose la plus difficile et en même temps la plus aisée: difficile tant que l'hypocrite se croit observé; facile dès qu'il oublie qu'on l'observe. Cependant on voit tous les jours que la gravité et la timidité donnent à la physionomie la plus honnête un aperçu de malhonnêteté. Souvent, c'est parce qu'il est timide, et non point parce qu'il est faux, que celui qui vous fait un récit ou une confidence n'ose vous regarder en face.
Celui qui élève la tête et la porte en arrière (que cette tête soit grosse ou singulièrement petite); celui qui se mire dans ses pieds mignons de manière à les faire remarquer; celui qui, voulant montrer de grands yeux encore plus grands qu'ils ne sont, les tourne exprès de côté comme pour regarder tout par-dessus l'épaule; celui qui, après vous avoir prêté longtemps un silence orgueilleux, vous fait ensuite une réponse courte, sèche et tranchante, qu'il accompagne d'un froid sourire; qui, du moment qu'il aperçoit la réplique sur vos lèvres, prend un air sourcilleux et murmure tout bas d'un ton propre à vous ordonner le silence; cet homme a pour le moins trois qualités haïssables avec tous leurs symptômes, l'entêtement, l'orgueil, la dureté. Très probablement il y joint encore la fausseté, la fourberie et l'avance.


La physiognomonie par la démarche

N'attendez jamais une humeur douce et tranquille d'un homme qui s'agite sans cesse avec violence, et en général craignez ni emportement, ni excès de quoiqu'un dont le maintien est toujours sage et posé. Avec une démarche alerte, on ne peut guère être lent et paresseux. Et celui qui se traîne nonchalamment à pas comptés n'annonce pas cet esprit d'activité qui ne craint ni dangers, ni obstacles pour arriver au but.
Si la démarche d'une trois est sinistre, non-seulement désagréable, mais à gauche, impétueuse, sans dignité, se précipitant en avant et de côté d'un air dédaigneux, soyez sur vos gardes. Ne vous laissez éblouir, ni par le charme de la beauté, ni par les grâces de son esprit, ni même par l'attrait de la confiance qu'elle pourra vous témoigner. Sa bouche aura les mêmes caractères que sa démarche, et ses procédés seront durs et faux comme sa bouche. Elle sera peu touchée de tout ce que vous ferez pour elle, et se vengera de la moindre chose que vous aurez négligée. Comparez sa démarche avec les lianes de son front et les plis qui se trouvent autour de sa bouche, vous serez étonné du merveilleux accord de toutes ces lignes caractéristiques.
Le corps penché en avant annonce un homme prudent et laborieux. Le corps penché en arrière annonce un homme vain, médiocre et orgueilleux.
Les borgnes, les boiteux et surtout les bossus, dit Albert-le-Grand, sont rusés, spirituels, un peu malins et passablement méchants.


La physiognomonie par l'attitude

Une bouche béante et fanée, une attitude insipide, les bras pendants et la main gauche tournée en dehors, sans qu'on en devine le motif, annoncent la stupidité naturelle, la nullité, le vide, une curiosité hébétée.
La démarche d'un sage est différente de celle d'un idiot, et un idiot est assis autrement qu'un homme sensé. L'attitude du sage annonce la méditation, le recueillement ou le repos. L'imbécile reste sur sa chaise sans savoir pourquoi. Il semble fixer quelque chose et son regard ne porte sur rien. Son assiette est isolée comme lui-même.
La prétention suppose un fond de sottise. Attendez-vous à rencontrer l'une et l'autre dans toute physionomie disproportionnée et grossière qui affecte un air de solennité et d'autorité. Jamais l'homme sensé ne se donnera des airs, ni ne prendra l'attitude d'une tête éventée. Si son attention excitée l'oblige à lever la tête, il ne croisera pourtant pas les bras sur le dos. Ce maintien suppose de l'affectation, surtout avec une physionomie qui n'a rien de désagréable, mais qui n'est pas celle d'un penseur. Un air d'incertitude dans l'ensemble, un visage qui dans son immobilité ne dit rien du tout, ne sont pas des signes de sagesse. Un homme qui, réduit à son néant, s'applaudit encore lui-même avec joie, qui rit comme un sot sans savoir pourquoi, ne parviendra jamais à former ou à suivre une idée raisonnable.
La crainte d'être distrait se remarque dans la bouche. Dans l'attention elle n'ose respirer.
Un homme vide de sens, et qui veut se donner des airs, met la main droite dans son sein et la gauche dans la poche, de sa culotte avec un maintien affecté et théâtral.
Une personne qui est toujours aux écoutes ne promet rien de distingué.
Quiconque sourit sans sujet avec une lèvre de travers, quiconque se tient souvent isolé sans aucune direction, sans aucune tendance déterminée; quiconque salue le corps roide, n'inclinant que la tête en avant, est un fou.
Ayez le plus de réserve possible eu présence de l'homme gras et d'un tempérament colère qui semble toujours mâcher, roule sans cesse les yeux autour de soi, ne parle jamais de sens rassis, s'est donné cependant l'habitude d'une politesse affectée, mais traite tout avec une espèce de désordre et d'impropreté. Dans son nez rond, court, retroussé, dans sa bouche béante, dans les mouvements irréguliers de sa lèvre inférieure, de son front saillant et plein d'excroissances, dans sa démarche qui se fait entendre de loin, vous reconnaîtrez l'expression du mépris et de la dureté, des demi-talents avec la prétention d'un talent accompli, de la méchanceté sous une gauche apparence de bonhomie.
L'homme dont les traits et la couleur du visage changent subitement, qui cherche avec soin à cacher cette altération soudaine, et sait reprendre aussitôt un air calme; celui qui possède l'art de tendre et détendre les muscles de sa bouche, de les tenir pour ainsi dire en bride, particulièrement lorsque l'œil observateur se dirige sur lui: cet homme a moins de probité que de prudence. Il est plus courtisan que sage et modéré.
Rappelez-vous les gens qui glissent plutôt qu'ils ne marchent, qui reculent en s'avançant, qui disent des grossièretés d'une voix basse et d'un air timide, qui vous fixent hardiment dès que vous ne les voyez plus, et n'osent jamais vous regarder tranquillement en face, qui ne disent du bien de personne sinon des méchants, qui trouvent des exceptions à tout et paraissent avoir toujours contre l'assertion la plus simple une contradiction toute prête. Et fuyez l'atmosphère où ces gens respirent.


La physiognomonie par la voix

Remarquez aussi la voix. Distinguez si elle est haute ou basse, forte ou faible, claire ou sourde, douce ou rude, juste ou fausse. Le son de la voix, son articulation, sa faiblesse et son étendue, ses inflexions dans le haut et dans le bas, la volubilité et l'embarras de la langue, tout cela est infiniment caractéristique. Le cri des animaux les plus courageux est simple, dit Aristote, et ils le poussent sans effort marqué. Celui des animaux timides est beaucoup plus perçant. Comparez, à cet égard, le lion, le bœuf, le coq qui chante son triomphe, avec le cerf et le lièvre. Ceci peut s'appliquer aux hommes.
La voix grosse et forte annonce un homme robuste. La voix faible, un homme timide. La voix claire et sonnante dénote quelquefois un menteur. La voix habituellement tremblante indique souvent un naturel soupçonneux. L'effronté et l'insolent ont la voix haute. La voix rude est un signe de grossièreté. La voix douce et pleine, agréable à l'oreille, annonce un heureux naturel.
Fuyez tout homme dont la voix toujours tendue, toujours montée, toujours haute et sonore, ne cesse de décider; dont les yeux, tandis qu'il décide, s'agrandissent, sortent de leur orbite; dont les sourcils se hérissent; les veines se gonflent, la lèvre inférieure se pousse en avant, dont les mains se tournent en poings; mais qui se calme tout à coup, qui reprend le ton d'une politesse froide, qui fait rentrer ses yeux et ses lèvres, s'il est interrompu par la présence imprévue d'un personnage important qui se trouve être votre ami.


La physiognomonie par le rire

L'homme sage rit rarement et peu. Il se contente ordinairement de sourire. Quelle différence entre le rire affectueux de l'humanité et le rire infernal qui se réjouit du mal d'autrui! Il est des larmes qui pénètrent les cieux. Il en est d'autres qui provoquent l'indignation et le mépris.


La physiognomonie par la tenue vestimentaire

Un homme raisonnable se met tout autrement qu'un fat. Une femme pieuse autrement qu'une coquette. La propreté et la négligence, la simplicité et la magnificence, le bon et le mauvais goût, la présomption et la décence, la modestie et la fausse honte: voilà autant de choses qu'on distingue l'habillement seul. La couleur, la coupe, la façon, l'assortiment d'un habit, tout cela est expressif encore et nous caractérise. Le sage est simple et uni dans son extérieur. La simplicité lui est naturelle. On reconnaît bientôt un homme qui s'est paré dans l'intention de plaire, celui qui ne cherche qu'à briller, et celui qui se néglige soit pour insulter à la décence, soit pour se singulariser.

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