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La croyance relative à Pacte



Le pacte avec le diable

Il y a plusieurs manières de faire pacte avec le diable. Les gens qui donnent dans les croyances superstitieuses pensent le faire venir en lisant le Grimoire à l'endroit des évocations, en récitant les formules de conjuration rapportées dans ce dictionnaire, ou bien en saignant une poule noire dans un grand chemin croisé et l'enterrant avec des paroles magiques. Quand le diable veut bien se montrer, on fait alors le marché, que l'on signe de son sang. Au reste, on dit l'ange des ténèbres accommodant, sauf la condition accoutumée de se donner à lui.
Le comte de Gabalis, qui ôte aux diables leur antique pouvoir, prétend que ces pactes se font avec les gnomes, qui achètent l'âme des hommes pour les trésors qu'ils donnent largement, en cela, cependant, conseillés par les hôtes du sombre empire.


Une convention expresse et tacite

Un pacte, dit Bergier, est une convention expresse ou tacite faite avec le démon dans l'espérance d'obtenir, par son entremise, des choses qui passent les forces de la nature. Un pacte peut donc être exprès et formel, ou tacite et équivalent. Il est censé exprès et formel:

  • 1° Lorsque, par soi-même on invoque expressément le démon, et que l'on demande son secours, soit que l'on voie réellement cet esprit de ténèbres, soit que l'on croit le voir.
  • 2° Quand on l'invoque par le ministère de ceux que l'on croit être en relation et en commerce avec lui.
  • 3° Quand on fait quelque chose dont on attend l'effet de lui.

Le pacte est seulement tacite ou équipent lorsque l'on se borne à faire une chose de laquelle on espère un effet qu'elle ne peut produire naturellement, ni surnaturellement et par l'opération de Dieu, parce que alors on ne peut espérer cet effet que par l'intervention du démon.
Ceux, par exemple, qui prétendent guérir les maladies par des paroles doivent comprendre que les paroles n'ont pas naturellement cette vertu. Dieu n'y a pas attaché non plus cette efficacité. Si donc elles produisaient cet effet, ce ne pourrait être que par l'opération de l'esprit infernal. De là les théologiens concluent, que non-seulement toute espèce de magie, mais encore toute espèce de superstition, renferme un pacte au moins tacite ou équivalent avec le démon, puisque aucune pratique superstitieuse ne peut rien produire à moins qu'il ne s'en mêle. C'est le sentiment de saint Augustin, de saint Thomas et de tous ceux qui ont traité cette matière.


L'histoire d'un pacte

Voici l'histoire d'un pacte: Un gentilhomme allemand, Michel-Louis de Boubenhoren, envoyé assez jeune à la cour du duc de Lorraine, perdit au jeu tout son argent. Dans son désespoir, il résolut de se vendre au diable s'il voulait l'acheter un peu cher. Comme il se livrait à cette pensée, tout d'un coup il vit paraître devant lui un jeune, homme de son âge, élégamment vêtu, qui lui donna une bourse pleine d'or, et lui promit de revenir le lendemain. Louis courut retrouver ses amis, regagna ce qu'il avait perdu, et emporta même l'argent des autres.
Le jeune homme mystérieux parut de nouveau, lui demanda, pour récompense du service qu'il lui avait rendu, trois gouttes de son sang, qu'il reçut dans une coquille de gland. Puis, offrant une plume au jeune seigneur, il lui dicta quelques mois barbares que Louis écrivit sur deux billets différents. L'un demeura au pouvoir de l'inconnu, l'autre fut enfoncé, par un pouvoir magique, dans le bras de Louis, à l'endroit où il s'était piqué pour tirer les trois gouttes de sang. La plaie se referma sans laisser de cicatrice. « Je m'engage, dit alors l'étranger, à vous servir sept ans, au bout, desquels vous m'appartiendrez. » Le jeune homme y consentit, quoiqu'avec une certaine horreur.
Depuis ce jour, le démon ne manqua pas de lui apparaître sous diverses formes, et de l'aider en toute occasion. Il s'empara peu à peu de son esprit. Il lui inspirait des idées neuves et curieuses qui le séduisaient. Le plus souvent il le poussait à de mauvaises actions.
Le terme des sept années vint vite. Le jeune homme, qui avait alors 25 ans, rentra à la maison paternelle. Le démon auquel il s'était donné lui conseilla et parvint à lui persuader d'empoisonner son père et sa mère, de mettre le feu à leur château, et de se tuer lui-même après. Il essaya de commettre tous ces crimes. Mais Dieu, qui sans doute avait encore pitié de lui, ne permit pas qu'il réussît. Le poison n'opéra point sur ses parents. Inquiet et troublé, Louis eut des remords. Il découvrit à quelques domestiques fidèles l'état où il se trouvait, les priant de lui porter secours. Aussitôt qu'il eut fait cette démarche, le démon le saisit, quoique la dernière heure ne fût pas venue, lui tourna le corps en arrière, et tenta de lui rompre les os. Sa mère, qui était hérétique aussi bien que lui, fut contrainte de recourir aux exorcismes. Le diable parut, dit-on, avec les traits d'un sauvage hideux et velu, et jeta à terre un pacte différent de celui qu'il avait extorqué du jeune homme, pour donner à croire qu'il abandonnait sa proie. Mais on ne tomba point dans le panneau, et enfin, le 20 octobre 1603, on força le démon à rapporter la véritable cédule, contenant le parte fait entre lui et Louis de Boubenhoren. Le jeune homme renonça alors au démon, abjura l'hérésie, fit sa confession générale, et il sortit de son bras gauche, presque sans douleur, et sans laisser de cicatrice, le pacte secret, qui tomba aux pieds de l'exorciste.
On voyait, dans une chapelle de Molsheim, une inscription célèbre qui contenait toute l'aventure de ce gentilhomme...

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