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La croyance relative à Physiognomonie


La physiognomonie est l'art de juger les hommes par les traits du visage, ou le talent de connaître l'intérieur de l'homme par son extérieur.


Les critiques et les partisans de la physiognomonie

Cette science a eu plus d'ennemis que de partisans, elle ne paraît pourtant ridicule que quand on veut la pousser trop loin. Tous les visages, toutes les formes, tous les êtres créés diffèrent entre eux, non seulement dans leurs classes, dans leurs genres, dans leurs espèces, mais aussi dans leur individualité. Pourquoi cette diversité de formes ne serait-elle pas la conséquence de la diversité des caractères, ou pourquoi la diversité des caractères ne serait-elle pas liée à cette diversité de formes?
Chaque passion, chaque sens, chaque qualité prend sa place dans le corps de tout être créé. La colère enfle les muscles. Les muscles enflés sont donc un signe de colère? Des yeux pleins de feu, un regard aussi prompt que l'éclair, et un esprit, vif et pénétrant se retrouvent cent fois ensemble. Un œil ouvert et serein se rencontre mille fois avec un cœur franc et honnête.
Pourquoi na pas chercher à connaître les hommes par leur physionomie? On juge tous les jours le ciel sur sa physionomie. Un marchand apprécie ce qu'il achète par son extérieur, par sa physionomie.
Tels sont les raisonnements des physionomistes pour prouver la sûreté de leur science. Il est vrai, ajoutent-ils, qu'on peut quelquefois s'y tromper. Mais une exception ne doit pas nuire aux règles. « J'ai vu, dit Lavater, un criminel condamne à la roue pour avoir assassiné son bienfaiteur, et ce monstre avait le visage ouvert et gracieux comme l'ange du Guide. » Il ne serait pas impossible, de trouver aux galères des têtes de Régulus, et des physionomies de vestales dans une maison de force. Cependant le physionomiste habile distinguera les traits, quoique presque imperceptibles, qui annoncent le vice et la dégradation.


Les principes de la physiognomonie

Quoi qu'il en soit de la physiognomonie, on voici les principes, tantôt raisonnables, tantôt forcés.
La beauté morale est ordinairement en harmonie avec la beauté physique. Socrate et cent mille autres prouvent le contraire. Beaucoup de personnes gagnent, à mesure qu'on apprend à les connaître, quoiqu'elles vous aient déplu au premier aspect. Il faut qu'il y ait entre elles et vous quelque point de dissonance, puisque, du premier abord, ce qui devait vous rapprocher ne vous a point frappé. Il faut aussi qu'il y ait entre vous quelque rapport secret, puisque plus vous vous voyez, plus vous vous convenez. Cependant faites attention au premier mouvement d'instinct que vous inspire une nouvelle liaison.
Tout homme dont la figure, dont la bouche, dont la démarche, dont l'écriture est de travers, aura dans sa façon de penser, dans son caractère, dans ses procédés, du louche, de l'inconséquence, de la partialité, du sophistique, de la fausseté, de la ruse, du caprice, des contradictions, de la fourberie, une imbécillité dure et froide.


L'inspection de la tête

La tête est la plus noble partie du corps humain, le siège de l'esprit, et des facultés intellectuelles. Une tête qui est en proportion avec le reste du corps, qui paraît telle au premier abord, qui n'est ni trop grande ni trop petite, annonce un caractère d'esprit plus parfait qu'on n'en oserait, attendre d'une tête disproportionnée. Trop volumineuse, elle indique presque toujours la grossièreté. Trop petite, elle est un signe de faiblesse. Quelque proportionnée que soit la tête au corps, il faut encore qu'elle ne soit ni trop arrondie ni trop allongée. Plus elle est régulière, et plus elle est parfaite. On peut appeler bien organisée celle dont la hauteur perpendiculaire, prise depuis l'extrémité de l'occiput jusqu'à la pointe du nez, est égale à sa largeur horizontale. Une tête trop longue annonce un homme de peu de sens, vain, curieux, envieux et crédule. La tête penchée vers la terre est la marque d'un homme sage, confiant dans ses entreprises. Une tête qui tourne de tous côtés annonce la présomption, la médiocrité, le mensonge, un esprit pervers, léger, et un jugement faible.
On peut diviser le visage en trois parties, dont la première s'étend depuis le front jusqu'aux sourcils; la seconde depuis les sourcils jusqu'au bas du nez; la troisième depuis le bas du nez jusqu'à l'extrémité de l'os du menton. Plus ces trois étages sont symétriques, plus on peut compter sur la justesse de l'esprit et sur la régularité du caractère en général. Quand il s'agit d'un visage dont l'organisation est extrêmement forte ou extrêmement délicate, le caractère peut être apprécié plus facilement par le profil que par la face. Sans compter que le profil se prête moins à la dissimulation, il offre des lignes plus vigoureusement, prononcées, plus précises, plus simples, plus pures. Par conséquent la signification en est aisée à saisir, alors que souvent les lignes de la face en plein sont assez difficiles à démêler. Un beau profil suppose toujours l'analogie d'un caractère distingué. Mais on trouve mille profils qui, sans être beaux, peuvent admettre la supériorité du caractère. Un visage charnu annonce une personne timide, enjouée, crédule et présomptueuse. Un homme laborieux a souvent le visage maigre. Un visage qui sue à la moindre agitation annonce un tempérament chaud, un esprit vain et grossier, un penchant à la gourmandise.


L'inspection des cheveux et de la barbe

Les cheveux offrent des indices multipliés du tempérament de l'homme, de son énergie, de sa façon de sentir, et aussi de ses facultés spirituelles. Ils n'admettent pas la moindre dissimulation. Ils répondent à notre constitution physique, comme les plantes et les fruits répondent au terroir qui les produit. « Je suis sûr, dit Lavater, que par l'élasticité des cheveux on pourrait juger de l'élasticité du caractère. » Des cheveux longs, plats, disgracieux, n'annoncent rien que d'ordinaire. Les chevelures d'un jaune doré, ou d'un blond tirant sur le brun, qui reluisent doucement, qui se roulent facilement et agréablement, sont les chevelures nobles. Des cheveux noirs, plats, épais et gros dénotent peu d'esprit, mais de l'assiduité et de l'amour de l'ordre. Les cheveux blonds annoncent généralement un tempérament délicat, sanguin-flegmatique. Les cheveux roux caractérisent, dit-on, un homme souverainement bon, ou souverainement méchant. Les cheveux fins marquent la timidité; rudes ils annoncent le courage, ce signe caractéristique est du nombre de ceux qui sont communs à l'homme et aux animaux. Parmi les quadrupèdes, le cerf, le lièvre, et la brebis, qui sont au rang des plus timides, se distinguent particulièrement des autres par la douceur de leur poil; tandis que la rudesse de celui du lion et du sanglier répond au courage qui fait leur caractère. En appliquant, ces remarques à l'espèce humaine, les habitants du nord sont, ordinairement très courageux, et ils ont la chevelure rude. Les Orientaux sont beaucoup plus timides, et leurs cheveux sont plus doux. Les cheveux crépus marquent un homme de dure conception. Ceux qui ont beaucoup de cheveux sur les tempes et sur le front sont grossiers et orgueilleux.
Une barbe fournie et bien rangée annonce un homme d'un bon naturel et d'un tempérament raisonnable. L'homme qui a la barbe claire et mal disposée tient plus du naturel et des inclinations de la trois que de celles de l'homme. Si la couleur de la barbe diffère de celle des cheveux, elle n'annonce rien de bon. De même, un contraste frappant entre la couleur de la chevelure et la couleur des sourcils peut inspirer quelque défiance.


L'inspection du front

Le front, de toutes les parties du visage, est la plus importante et la plus caractéristique. Les fronts, vus de profil, peuvent se réduire à trois classes générales. Ils sont ou penchés en arrière, ou perpendiculaires, ou proéminents. Les fronts penchés on arrière indiquent, en général de l'imagination, de l'esprit et de la délicatesse. Une perpendiculaire complète, depuis les cheveux jusqu'aux sourcils, est le signe d'un manque total d'esprit. Une forme perpendiculaire, qui se voûte insensiblement par le haut, annonce un esprit capable de beaucoup de réflexion, un penseur rassis et profond. Les fronts proéminents appartiennent à des esprits faibles et bornés, et qui ne parviendront jamais à une certaine maturité. Plus le front est allongé, plus l'esprit est dépourvu d'énergie et manque de ressort. Plus il est serré, court et compacte, plus le caractère est concentré, ferme et solide.
Pour qu'un front soit heureux, parfaitement beau et d'une expression qui annonce à la fois la richesse du jugement et la noblesse du caractère, il doit se trouver dans la plus exacte proportion avec le reste du visage. Exempt de toute espèce d'inégalités et de rides permanentes, il doit pourtant en être susceptible. Mais alors il ne se plissera que dans les moments d'une méditation sérieuse, dans un mouvement de douleur ou d'indignation. Il doit reculer par le haut. La couleur de la peau doit en être plus claire que celle des autres parties du visage. Si l'os de l'œil est saillant, c'est le signe d'une aptitude singulière aux travaux de l'esprit, d'une sagacité extraordinaire pour les grandes entreprises. Mais sans cet angle saillant, il y a des têtes excellentes, qui n'en ont que plus de solidité lorsque le bas du front s'affaisse, comme un mur perpendiculaire, sur des sourcils placés horizontalement, et qu'il s'arrondit et se voûte imperceptiblement des deux côtés vers les tempes.
Les fronts courts, ridés, noueux, irréguliers, enfoncés d'un côté, échancrés, ou qui se plissent toujours différemment, ne sont pas une bonne recommandation, et ne doivent pas inspirer beaucoup de confiance. Les fronts carrés, dont les marges latérales sont encore assez spacieuses, et dont l'os de l'œil est en même temps bien solide, supposent un grand fonds de sagesse et de courage. Tous les physionomistes s'accordent sur ce point. Un front très osseux et garni de beaucoup de peau annonce un naturel acariâtre et querelleur.
Un front élevé, avec un visage long et pointu vers le menton, est un signe de faiblesse. Des fronts allongés, avec une peau fortement tendue et très unie, sur lesquels on n'aperçoit, même à l'occasion d'une joie peu commune, aucun pli doucement animé, sont toujours l'indice d'un caractère froid, soupçonneux, caustique, opiniâtre, fâcheux, rempli de prétentions, rampant et vindicatif. Un front qui du haut, penche en avant, et s'enfonce vers l'œil est, dans un homme fait, l'indice d'une imbécillité sans ressource.


L'inspection des sourcils

Au-dessous du front commence sa belle frontière, le sourcil, arc-en-ciel de paix dans sa douceur, arc tendu de la discorde lorsqu'il exprime le courroux. Des sourcils doucement arqués s'accordent avec la modestie et la simplicité. Placés en ligne droite et horizontalement, ils se rapportent à un caractère mâle et vigoureux. Lorsque leur forme est moitié horizontale et moitié courbée, la force de l'esprit se trouve réunie à une bonté ingénue. Des sourcils rudes et en désordre sont toujours le signe d'une vivacité intraitable. Mais cette même confusion annonce un feu modéré si le poil est fin. Lorsqu'ils sont épais et compactes, que les poils sont couchés parallèlement, et pour ainsi dire tirés au cordeau, ils promettent un jugement mûr et solide, un sens droit et rassis. Des sourcils qui se joignent passaient pour un trait de beauté chez les Arabes, tandis que les anciens physionomistes y attachaient l'idée d'un caractère sournois. Les sourcils minces sont une marque infaillible de flegme et de faiblesse. Ils diminuent la force et la vivacité du caractère dans un homme énergique. Anguleux et entrecoupés, les sourcils dénotent l'activité d'un esprit productif.
Plus les sourcils s'approchent des yeux, plus le caractère est sérieux, profond et solide. Une grande distance de l'un à l'antre annonce une âme calme et tranquille. Le mouvement des sourcils est d'une expression infinie. Il sert principalement à marquer les passions ignobles, l'orgueil, la colère, le dédain. Un homme sourcilleux est un être méprisant et méprisable.


L'inspection des yeux

« C'est surtout dans les yeux, dit Buffon, que se peignent les nuages de nos secrètes agitations, et qu'on peut les reconnaître. L'œil appartient à l'âme plus qu'aucun autre organe. Il semble y toucher et participer à tous ses mouvements. Il en exprime les passions les plus vives et les émotions les plus tumultueuses, comme les sentiments les plus délicats. Il les rend dans toute leur force, dans toute leur pureté, tels qu'ils viennent de naître. Il les transmet par des traits rapides. »
Les yeux bleus annoncent plus de faiblesse que les yeux bruns ou noirs. Ce n'est pas qu'il n'y ait des gens très énergiques avec des yeux bleus, mais sur la totalité, les yeux bruns sont l'indice plus ordinaire d'un esprit mâle. Tout comme le génie, proprement dit, s'associe presque toujours des yeux d'un jaune tirant sur le brun.
Les gens colères ont des yeux de différentes couleurs, rarement bleus, plus souvent bruns ou verdâtres. Les yeux de cette dernière nuance sont, en quelque sorte, un signe distinctif de vivacité et de courage. On ne voit presque jamais des yeux bleu-clair à des personnes colères. Des yeux qui forment un angle allongé, aigu et pointu vers le nez appartiennent à des personnes, ou très judicieuses, ou très fines. Lorsque la paupière d'en haut décrit un plein cintre, c'est la marque d'un bon naturel et de beaucoup de délicatesse, quelquefois aussi d'un caractère timide. Quand la paupière se dessine presque horizontalement sur l'œil et coupe diamétralement la prunelle, elle annonce souvent un homme très adroit, très rusé. Mais il n'est pas dit pour cela que cette forme de l'œil détruise la droiture du cœur.
Des yeux très grands, d'un bleu fort clair, et vus de profil presque transparent, annoncent toujours une conception facile, étendue, mais en même temps un caractère extrêmement sensible, difficile à manier, soupçonneux, jaloux, susceptible de prévention.
De petits yeux noirs, étincelants, sous des sourcils noirs et touffus, qui paraissent s'enfoncer lorsqu'ils sourient malignement, annoncent de la ruse, des aperçus profonds, un esprit d'intrigue et de chicane. Si de pareils yeux ne sont pas accompagnés d'une bouche moqueuse, ils désignent un esprit froid et pénétrant, beaucoup de goût, de l'élégance, de la précision, plus de penchant à l'avarice qu'à la générosité.
Des yeux grands ouverts, d'une clarté transparente, et dont le feu brille avec une mobilité rapide dans des paupières parallèles, peu larges et fortement dessinées, réunissent des caractères: une pénétration vive, de l'élégance et du goût, un tempérament colère, de l'orgueil. Des yeux qui laissent voir la prunelle tout entière, et sous la prunelle encore plus ou moins de blanc, sont dans un état de tension qui n'est pas naturel, ou n'appartiennent qu'à ces hommes inquiets, passionnés, à moitié fous; jamais à des hommes d'un jugement sain, mûr, précis, et qui méritent confiance.
Certains yeux sont très ouverts, très luisants, avec des physionomies fades. Ils annoncent de l'entêtement, de la bêtise unie à des prétentions.
Les gens soupçonneux emportés, violents, ont souvent les yeux enfoncés dans la tête, et la vue longue et étendue. Le fou, l'étourdi, ont, souvent les yeux hors de la tête. Le fourbe a, en parlant, les paupières penchées et le regard en dessous. Les gens fins et rusés ont coutume de tenir un d'œil et quelquefois les deux yeux à demi fermés. C'est un signe de faiblesse. En effet, on voit bien rarement un homme bien énergique qui soit rusé: notre méfiance envers les autres naît du peu de confiance que nous avons en nous.


L'inspection du nez

Un beau nez ne s'associe jamais avec un visage difforme. On peut être laid et avoir de beaux yeux, mais un nez régulier exige nécessairement une heureuse analogie des autres traits. Aussi voit-on mille beaux yeux contre un seul nez parfait en beauté. Et là où il se trouve, il suppose toujours un caractère distingué. Voici, d'après les physionomistes, ce qu'il faut pour la conformation d'un nez parfaitement beau: Sa longueur doit être égale à celle du front. Il doit y avoir une légère cavité auprès de sa racine. Vue par devant, l'épine du nez doit être large et presque parallèle des deux côtés, mais il faut que cette largeur soit un peu plus sensible vers le milieu. Le bout ou la pomme du nez ne sera ni dure ni charnue. De face, il faut que les ailes du nez se présentent distinctement, et que les narines se raccourcissent agréablement au-dessous. Dans le profil, le bas du nez n'aura d'étendue qu'un tiers de sa hauteur. Vers le haut, il joindra de près l'arc de l'os de l'œil. Et, sa largeur du côté de l'œil, doit être au moins d'un demi-pouce.
Un nez qui rassemble toutes ces perfections exprime tout ce qui peut s'exprimer. Cependant nombre de gens du plus grand mérite ont le nez difforme. Mais il faut différencier aussi l'espèce de mérite qui les distingue. Un petit-nez échancré en profil, n'empêche pas d'être honnête et judicieux, mais ne donne point le génie. Des nez qui se courbent au haut de la racine conviennent à des caractères impérieux, appelés à commander, à opérer de grandes choses, fermes dans leurs projets et ardents à les poursuivre. Les nez perpendiculaires, c'est-à-dire qui approchent de cette forme tiennent le milieu entre les nez échancrés et les nez arqués. Ils supposent une âme qui sait agir et souffrir tranquillement et avec énergie.
Un nez dont l'épine est large, n'importe qu'il soit droit ou courbé, annonce toujours des facultés supérieures. Mais cette forme est très rare. La narine petite est le signe certain d'un esprit timide, incapable de hasarder la moindre entreprise. Lorsque les ailes du nez sont bien dégagées, bien mobiles, elles dénotent une grande délicatesse de sentiment, qui peut dégénérer en sensualité. Où vous ne trouverez pas une petite inclinaison, une espèce d'enfoncement dans le passage du front au nez, à moins que le nez ne soit fortement recourbé, n'espérez pas découvrir le moindre caractère de grandeur.
Les hommes dont le nez penche extrêmement vers la bouche ne sont jamais ni vraiment bons, ni vraiment gais, ni grands, ni nobles: leur pensée s'attache toujours aux choses de la terre. Ils sont ne réservés, froids, insensibles, peu communicatifs, ont ordinairement l'esprit malin. Ils sont hypocondres ou mélancoliques.


L'inspection des joues

Des joues charnues indiquent l'humidité du tempérament. Maigres et rétrécies, elles annoncent la sécheresse des humeurs. Le chagrin les creuse, la rudesse et la bêtise leur impriment des sillons grossiers. La sagesse, l'expérience et la finesse d'esprit les entrecoupent de traces légères et doucement ondulées.
Certains enfoncements, plus ou moins triangulaires, qui se remarquent quelquefois dans les joues, sont le signe infaillible de l'envie ou de la jalousie. Une joue naturellement gracieuse, agitée par un doux tressaillement qui la relève vers les yeux, est le garant d'un cœur sensible. Si, sur la joue qui sourit, on voit se former trois lignes parallèles et circulaires, comptez dans ce caractère sur un fond de folie.


L'inspections des oreilles

L'oreille, aussi bien que les autres parties du corps humain, a sa signification déterminée. Elle n'admet pas le moindre déguisement. Elle a ses convenances et une analogie particulière avec l'individu auquel elle appartient. Quand le bout de l'oreille est dégagé, c'est un bon augure pour les facultés intellectuelles. Les oreilles larges et dépliées annoncent l'effronterie, la vanité, la faiblesse du jugement.
Les oreilles grandes et grosses marquent un homme simple, grossier, stupide. Les oreilles petites dénotent la timidité. Les oreilles trop repliées et entourées d'un bourrelet mal dessiné n'annoncent rien de bon quant à l'esprit et aux talents. Une oreille moyenne, d'un contour bien arrondi, ni trop épaisse, ni excessivement mince, ne se trouve guère que chez des personnes spirituelles judicieuses, sages et distinguées.


L'inspection de la bouche

La bouche est l'interprète de l'esprit et du cœur. Elle réunit, dans son état de repos et dans la variété infinie de ses mouvements, un monde de caractères. Elle est éloquente jusque dans son silence. On remarque un parfait rapport entre les lèvres et le naturel. Qu'elles soient fermes, qu'elles soient molles et mobiles, le caractère est toujours d'une trempe analogue. De grosses lèvres bien prononcées et bien proportionnées, qui présentent des deux côtés la ligne du milieu également bien serpentée et facile à reproduire au dessin, de telles lèvres sont incompatibles avec la bassesse. Elles répugnent aussi à la fausseté et à la méchanceté.
La lèvre supérieure caractérise le goût. L'orgueil et la colère la courbent; la finesse l'aiguise; la bonté l'arrondit; le libertinage l'énerve et la flétrit. L'usage de la lèvre inférieure est de lui servir de support. Une bouche resserrée, dont la fente court en ligne droite, et où le bord des lèvres ne paraît pas, est l'indice certain du sang-froid, d'un esprit appliqué, de l'exactitude et de la propreté, mais aussi de la sécheresse de cœur. Si elle remonte en même temps aux deux extrémités, elle suppose un fond d'affectation et de vanité. Des lèvres rognées inclinent à la timidité et à l'avarice.
Une lèvre de dessus qui déborde un peu est la marque distinctive de la bonté. Non qu'on puisse refuser absolument cette qualité à la lèvre d'en bas qui avance, mais dans ce cas, on doit s'attendre plutôt à une froide et sincère bonhomie qu'au sentiment d'une vive tendresse. Une lèvre inférieure qui se creuse au milieu n'appartient qu'aux esprits enjoués. Regardez attentivement un homme gai dans le moment où il va produire une saillie, le centre de sa lèvre ne manquera jamais de se baisser et de se creuser un peu. Une bouche bien close, si toutefois elle n'est pas affectée et pointue, annonce le courage. Et dans les occasions où il s'agit d'en faire preuve, les personnes même qui ont l'habitude de tenir la bouche ouverte la ferment ordinairement. Une bouche béante est plaintive. Une bouche fermée souffre avec patience.
« La bouche, dit Le Brun, dans son Traité des passions , est la partie qui, de tout, le visage, marque la plus particulièrement les mouvements du cœur. Lorsqu'il se plaint, la bouche s'abaisse par les côtés. Lorsqu'il est content, les coins de la bouche s'élèvent en haut. Lorsqu'il a de l'aversion, la bouche se pousse en avant et s'élève par le milieu. »
Toute bouche qui a deux fois la largeur de l'œil est la bouche d'un sot. Si la lèvre inférieure, avec les dents, dépasse horizontalement la moitié de la largeur de la bouche vue de profil, comptez, suivant l'indication des autres nuances de physionomie, sur un de ces quatre caractères isolés, ou sur tous les quatre réunis: bêtise, rudesse, avarice, malignité. De trop grandes lèvres, quoique bien proportionnées, annoncent toujours un homme peu délicat, sordide ou sensuel, quelquefois même un homme stupide ou méchant.
Une bouche, pour ainsi dire sans lèvres, dont la ligne du milieu est fortement tracée, qui se retire vers le haut, aux doux extrémités, et dont la lèvre supérieure, vue de profil depuis le nez, paraît arquée; une pareille bouche ne se voit guère qu'à des avares rusés, actifs, industrieux, froids, durs, flatteurs et polis, mais atterrants dans leurs refus.
Une petite bouche, étroite, sous de petites narines, et un front elliptique, est toujours peureuse, timide à l'excès, d'une vanité puérile, et s'énonce avec difficulté. S'il se joint à cette bouche de grands yeux saillants, troubles, un menton osseux, oblong, et surtout si la bouche se tient habituellement ouverte, soyez encore plus sûr de l'imbécillité d'une pareille tête.


L'inspection des dents

Les dents petites et courtes sont regardées, par les anciens physionomistes, comme le signe d'une constitution faible. De longues dents sont un indice de timidité. Les dents blanches, propres et bien rangées, qui, au moment où la bouche s'ouvre, paraissent s'avancer sans déborder, et qui ne se montrent pas toujours entièrement à découvert, annoncent dans l'homme fait un esprit doux et poli, un cœur bon et honnête. Ce n'est pas qu'on ne puisse avoir un caractère très estimable avec des dents gâtées, laides ou inégales, mais ce dérangement physique provient, la plupart du temps, de maladie ou de quelque mélange d'imperfection morale.
Celui qui a les dents inégales est envieux. Les dents grosses, larges et fortes, sont la marque d'un tempérament fort, et promettent une longue vie, si l'on en croit Aristote.


L'inspection du menton

« Pour être en belle proportion, dit Herder, le menton ne doit être ni pointu, ni creux, mais uni. Un menton avancé annonce toujours quelque chose de positif, au lieu que la signification du menton reculé est toujours négative. Souvent le caractère de l'énergie ou de la non-énergie de l'individu se manifeste uniquement par le menton. »
Il y a trois principales sortes de mentons: les mentons qui reculent, ceux qui, dans le profil, sont en perpendiculaire avec la lèvre inférieure, et ceux qui débordent la lèvre d'en bas, ou, en d'autres termes, les mentons pointus. Le menton reculé, qu'on pourrait appeler hardiment le menton féminin, puisqu'on le retrouve presque à toutes les personnes de l'autre sexe, fait toujours soupçonner quelque côté faible. Les mentons de la seconde classe inspirent la confiance. Ceux de la troisième dénotent un esprit actif et délié, pourvu qu'ils ne fassent pas anse, car cette forme exagérée conduit ordinairement à la pusillanimité et à l'avarice.
Une forte incision au milieu du menton semble indiquer un homme judicieux, rassis et résolu, à moins que ce trait ne soit démenti par d'autres traits contradictoires. Un menton pointu passe ordinairement pour le signe de la ruse. Cependant on trouve cette forme chez les personnes les plus honnêtes. La ruse n'est alors qu'une bonté raffinée.


L'inspection du cou

Cet entre-deux de la tête et de la poitrine, qui tient de l'une et de l'autre, est significatif comme tout ce qui a rapport à l'homme. Nous connaissons certaines espèces de goitres qui sont le signe infaillible de la stupidité, tandis qu'un cou bien proportionné est une recommandation irrécusable pour la solidité du caractère. Le cou long et la tête haute sont quelquefois le signe de l'orgueil et de la vanité. Un cou raisonnablement épais et un peu court ne s'associe guère à la tête d'un fat ou d'un sot. Ceux qui ont le cou mince, délicat et allongé sont timides comme le cerf, au sentiment d'Aristote. Et ceux qui ont le cou épais et court ont de l'analogie avec le taureau irrité. Mais les analogies sont fausses, pour la plupart, dit Lavater, et jetées sur le papier sans que l'esprit d'observation les ait dictées.


L'inspection des mains

Il y a autant de diversité et de dissemblance entre les formes des mains qu'il y en a entre les physionomies. Deux visages parfaitement ressemblants n'existent nulle part. De même, vous ne rencontrerez pas, chez deux personnes différentes, deux mains qui se ressemblent.
Chaque main, dans son état naturel, c'est-à-dire abstraction faite des accidents extraordinaires, se trouve en parfaite analogie avec les corps dont elle fait partie. Les os, les nerfs, les muscles, le sang et la peau de la main ne sont que la continuation des os, des nerfs, des muscles, du sang et de la peau du reste du corps. Le même sang circule dans le cœur, dans la tête et dans la main.
La main contribue donc, pour sa part, à faire connaître le caractère de l'individu. Elle est aussi bien que les autres membres du corps, un objet de physiognomonie, objet d'autant plus significatif et d'autant plus frappant que la main ne peut pas dissimuler, et que sa mobilité la trahit à chaque instant. Sa position la plus tranquille indique nos dispositions naturelles. Ses flexions indiquent nos actions et nos passions. Dans tous ses mouvements, elle suit l'impulsion que lui donne le reste du corps.


L'inspection des épaules

Tout le monde sait que des épaules larges, qui descendent insensiblement, et qui ne remontent pas en pointes, sont un signe de santé et de force. Des épaules de travers influent ordinairement aussi sur la délicatesse de la complexion. Mais on dirait qu'elles favorisent la finesse et l'activité de l'esprit, l'amour de l'exactitude et de l'ordre.
Une poitrine large et carrée, ni trop convexe, ni trop concave, suppose toujours des épaules bien constituées, et fournit les mêmes indices. Une poitrine plate, et pour ainsi dire creuse, dénote la faiblesse du tempérament.


L'inspection du ventre et des jambes

Un ventre gros et proéminent incline bien plus à la sensualité et à la paresse qu'un ventre plat et rétréci. On doit attendre plus d'énergie et d'activité, plus de flexibilité d'esprit et de finesse, d'un tempérament sec, que d'un corps surchargé d'embonpoint. Il se trouve cependant, des gens d'une taille effilée, qui sont excessivement lents et paresseux. Mais alors le caractère de leur indolence reparaît dans le bas du visage.
Les gens d'un mérite supérieur ont ordinairement, les cuisses maigres. Les pieds plats s'associent rarement avec le génie.

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