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La croyance relative à Danse



La danse des Esprits

Olaüs Magnus, au troisième livre de son Histoire des peuples septentrionaux, écrit qu'on voyait encore de son temps, en beaucoup de ces pays-là, des esprits et fantômes dansant et sautant, principalement de nuit, au son de toutes sortes d'instruments de musique. Cette danse est appelée, par les gens du pays, chorea elvarum (danse des elfes). Saxon-le-Grammairien fait mention de ces danses fantastiques dans son Histoire de Danemark. Pomponius Mela, en sa description de l'Ethiopie, dit qu'on a vu au delà du mont Atlas des flambeaux, et entendu des flûtes et clochettes, et que le jour venu on n'y trouvait plus rien.
On ajoutait que les fantômes faisaient danser ceux qu'ils rencontraient sur leur chemin, lesquels ne manquaient pas de se tenir pour avertis qu'ils mourraient bientôt. On ne rencontre plus de ces choses-là.


La danse des Fées

On prétendait chez nos pères que les fées habitaient les forêts désertes, et qu'elles venaient danser sur le gazon au clair de la lune.


La danse des Géants

Merlin, voulant faire une galanterie de courtisan, fit venir, dit-on, d'Irlande en Angleterre, des rochers qui prirent des figures de géants, et s'en allèrent en dansant former un trophée pour le roi Ambrosius. C'est ce qu'on appelle la danse des géants.


La danse des Morts

L'origine des danses des morts, dont on fit le sujet de tant de peintures, date du moyen âge. Elles ont été longtemps en vogue. D'abord on voyait fréquemment, pendant le temps du carnaval, des masques qui représentaient la mort. Ils avaient le privilège de danser avec tous ceux qu'ils rencontraient en les prenant par la main, et l'effroi des personnes qu'ils forçaient de danser avec eux amusait le public.
Bientôt ces masques eurent l'idée d'aller dans les cimetières exécuter leur danse en l'honneur des trépassés. Ces danses devinrent ainsi un effrayant exercice de dévotion. Elles étaient accompagnées de sentences lugubres, et l'on ne sait pourquoi alors elles prirent le nom de danses macabres. On fit des images de ces danses qui furent révérées par le peuple.
Les danses macabres se multiplièrent à l'infini au XVe et au XVIe siècle: les artistes les plus habiles furent employés à les peindre dans les vestibules des couvents et sur les murs des cimetières.
La Danse des morts de Bâle fut d'abord exécutée dans cette ville en 1435 par l'ordre du concile qui y était rassemblé. Ce qui l'a rendue célèbre c'est qu'elle fut ensuite refaite par Holbein.
« L'idée de cette danse est juste et vraie, disait, il y a quoique temps, un rédacteur distingué du Journal des Débats: ce monde-ci est un grand bal où la mort donne le branle. On danse plus ou moins de contredanses, avec plus ou moins de joie. Mais cette danse enfin, c'est toujours la mort qui la mène. Et ces danseurs de tous rangs et de tous états, que sont-ils? Des mourants à plus ou moins long terme. Je connais deux Danses des morts, poursuit le même écrivain, l'une à Dresde, dans le cimetière au-delà de l'Elbe. L'autre en Auvergne, dans l'admirable église de la Chaise-Dieu. Cette dernière est une fresque que l'humidité ronge chaque jour. Dans ces deux Danses des morts, la mort est en tête d'un chœur d'hommes d'âges et d'états divers: il y a le roi et le mendiant, le vieillard et le jeune homme, et la mort les entraîne tous après elle. Ces deux danses des morts expriment l'idée populaire de la manière la plus simple: le génie d'Holbein a fécondé cette idée dans sa fameuse Danse des Morts du cloître des Dominicains. A Bâle, c'était une fresque, et elle a péri comme périssent peu à peu les fresques. Il en reste au Musée de Bâle quelques débris et des miniatures coloriées. La danse d'Holbein n'est pas, comme celles de Dresde et de la Chaise-Dieu, une chaîne continue de danseurs menés par la Mort. Chaque danseur a sa mort costumée d'une façon différente selon l'état du mourant. De cette manière, la danse d'Holbein est une suite d'épisodes réunis dans le même cadre. Il y a 41 scène dans le drame d'Holbein, et dans ces 41 scènes, une variété infinie. Dans aucun de ces tableaux vous ne trouverez la même pose, la même attitude, la même expression, Holbein a compris que les hommes ne se ressemblent pas plus dans leur mort que dans leur vie, et que, comme nous vivons tous à notre manière, nous avons tous aussi notre manière de mourir.
Holbein costume le laid et vilain squelette sous lequel nous nous figurons la mort de la façon du monde la plus bouffonne, exprimant, par les attributs qu'il lui donne, le caractère et les habitudes du personnage qu'il veut représenter. Chacun de ces tableaux est un chef-d'œuvre d'invention.
Il est incroyable avec quel art il donne l'expression de la vie et du sentiment à ces squelettes hideux, à ces figures décharnées. Toutes ses morts vivent, pensent, respirent. Toutes ont le geste, la physionomie, j'allais presque dire les regards et les couleurs de la vie.
Holbein avait ajouté à l'idée populaire de la Danse des Morts. Le peintre inconnu du Pont de Lucerne a ajouté aussi à la danse d'Holbein. Ce ne sont pas des peintures de prix que les peintures du Pont de Lucerne, mais elles ont un mérite d'invention fort remarquable. Le peintre a représenté, dans les triangles que forment les poutres qui soutiennent le toit du Pont, les scènes ordinaires de la vie, et comment la mort les interrompt brusquement. Dans Holbein, la mort prend le costume et les attributs de tous les états, montrant par là que nous sommes tous soumis à sa nécessité. Au Pont de Lucerne, la mort vit avec nous. Faisons-nous une partie de campagne, elle s'habille en cocher, fait claquer son fouet. Les enfants rient et pétillent: la mère seule se plaint que la voilure va trop vite. Que voulez-vous? C'est la mort qui conduit. Elle a hâte d'arriver. Allez-vous au bal, voici la mort qui entre en coiffeur, le peigne à la main.
« — Hâtez-vous, dit la jeune fille, hâtez-vous! Je ne veux point arriver trop lard.
— Je ferai vite! »
Elle fait vite, car à peine a-t-elle touché du bout de son doigt décharné le front de la danseuse, que ce front de 17 ans se dessèche aussi bien que les fleurs qui devaient le parer.
Le Pont de Lucerne nous montre la Mort à nos côtés et partout: à table, où elle a la serviette autour du cou, le verre à la main et porte des santés; dans l'atelier du peintre, où en garçon barbouilleur elle tient la palette et broie les couleurs; dans le jardin où, vêtue en jardinier, l'arrosoir à la main, elle mène le maître voir si ses tulipes sont écloses; dans la boutique où, en garçon marchand, assise sur des ballots d'étoffe, elle a l'air engageant et appelle les pratiques; dans le corps-de-garde, où le tambour en main elle bat le rappel; dans le carrefour où en faiseur de tours, elle rassemble les badauds; au barreau où, vêtue en avocat, elle prend des conclusions, le seul avocat (dit la légende en mauvais vers allemands placés au bas de chaque tableau ) qui aille vite et qui gagne toutes ses causes; dans l'antichambre du ministre où, en solliciteur, l'air humble et le dos courbé, elle présente une pétition qui sera écoutée; dans le combat enfin, où elle court en tête des bataillons, et pour se faire suivre, elle s'est noué le drapeau autour du cou... »


La danse du Sabbat

Pierre De L'Ancre assure que les danses du sabbat rendent les hommes furieux, et font avorter les femmes. Le diable, dit-on, apprenait différentes sortes de danses aux sorciers de Genève. Ces danses étaient fort rudes, puisqu'il se servait de verges et de bâtons, comme ceux qui font danser les animaux. Il y avait dans ce pays une jeune femme à qui le diable avait donné une baguette de fer, qui avait la vertu de faire danser les personnes qu'elle touchait. Elle se moquait des juges durant son procès, et leur protestait qu'ils ne pourraient la faire mourir. Mais elle déchanta.
Les démons dansent avec les sorcières en forme de bouc ou de tout autre animal. On danse généralement en rond, dos à dos, rarement seul ou à deux. Il y a trois branles: le premier se nomme le branle à la bohémienne. Le second s'exécute comme celui de nos artisans dans les campagnes, c'est-à-dire en sautant toujours, le dos tourné. Dans le troisième branle, on se place tout en long, se tenant par les mains et avec certaine cadence. On exécute ces danses au son d'un petit tambourin, d'une flûte, d'un violon, ou d'un autre instrument que l'on frappe avec un bâton. C'est la seule musique du sabbat. Cependant des sorciers ont assuré qu'il n'y avait pas de concerts au monde mieux exécutés.


La danse du Soleil

C'est une croyance encore répandue dans beaucoup de villages que le soleil danse le jour de Pâques. Mais cette gracieuse tradition populaire n'est que de la poésie, comme les trois soleils qui se lèvent sur l'horizon le matin de la Trinité.


Les danses épidémiques

Au XIVe siècle, il y eut une secte de danseurs qui parcoururent le Luxembourg, le pays de Liège, le Hainaut et les provinces Rhénanes, dansant avec fureur et se prétendant favorisés pendant leurs danses de visions merveilleuses. On croit qu'ils étaient possédés, puisqu'on ne les guérit que par les exorcismes.

Autres croyances :