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La croyance relative à Haridi



Le serpent du derviche

L'haridi est un serpent honoré à Akhmin, ville de la Haute-Egypte. Il y a quelques siècles qu'un derviche y mourut. On lui éleva un tombeau surmonté d'une coupole au pied de la montagne, les peuples vinrent lui adresser des prières. Un autre derviche profita de leur crédulité et leur dit que Dieu avait fait passer l'esprit du défunt dans le corps d'un serpent.
Il en avait apprivoisé un de ceux qui sont communs dans la Thébaïde et qui ne font point de mal. Ce reptile obéissait à sa voix. Le derviche mit à l'apparition de son serpent tout l'appareil du charlatanisme, éblouit le vulgaire et prétendit guérir tontes les maladies. Quelques succès lui donnèrent la vogue.


Une imposture lucrative

Ses successeurs n'eurent pas de peine à soutenir une imposture lucrative. Ils enchérirent en donnant à leur serpent l'immortalité, et poussèrent l'impudence jusqu'à en faire un essai public. Le serpent fut coupé en morceaux en présence de l'émir, et déposé sous un vase pondant deux heures. A l'instant où le vase fut levé, les serviteurs du derviche eurent sans doute l'adresse d'en substituer un semblable. On cria au prodige, et l'immortel Haridi acquit un nouveau degré de considération.


Le témoignage de Paul Lucas

Paul Lucas raconte que voulant s'assurer des choses merveilleuses que l'on racontait de cet animal, il fit pour le voir le voyage d'Akhmin; qu'il s'adressa à Assan-Bey, qui fit venir le derviche avec le serpent ou l'ange, car tel est le nom qu'on lui donnait; que ce derviche tira de son sein, en sa présence, l'animal qui était une couleuvre de médiocre grosseur et qui paraissait fort douce.

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