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La croyance relative à Godeslas



L'imposture du meunier Godeslas

Lorsqu'on prêcha la première croisade dans le diocèse de Maastricht, une bulle permettant aux vieillards et aux infirmes de s'exempter du voyage de Terre-Sainte moyennant une certaine contribution, un meunier, nommé Godeslas, qui était en même temps riche, vieux et usurier, s'arrangea de manière qu'il ne donna que cinq marcs d'argent pour avoir la liberté de rester à son moulin. Ses voisins rapportèrent à celui qui levait l'impôt que le meunier Godeslas pouvait donner quarante marcs sans se gêner, et sans diminuer l'héritage de ses enfants, mais il soutint le contraire, et persuada si bien le dispensateur, qu'on le laissa tranquille. Son imposture, dit la légende, fut punie.


Sa rencontre avec le diable

Un jour que, dans le cabaret, il avait raillé les pèlerins qui faisaient le saint voyage, leur disant: « Il faut convenir que vous êtes fous d'aller traverser les mers et risquer votre vie, tandis que, pour cinq marcs d'argent, je reste dans ma maison, et que j'aurai autant de mérite que vous », il advint Ce qui suit:
De retour en son logis, le meunier s'étant couché, entendit tourner la meule de son moulin, et toute la machine se mettre en mouvement d'elle-même, avec le bruit accoutumé. Il appela le garçon, et lui dit d'aller voir qui faisait tourner le moulin. Celui-ci y alla, mais il fut si effrayé qu'il rentra sans trop savoir ce qu'il avait vu.
« — Ce qui se passe dans votre moulin m'a tellement épouvanté, répondit—il, que quand on m'assommerait, je n'y retournerais point.
— Fût-ce le diable, s'écria le meunier, j'irai et je le verrai. »
Il saute donc à bas du lit. Il met ses chausses, il ouvre la porte de son moulin, il entre et voit deux grands chevaux noirs gardés par un nègre, qui lui dit: « Monte ce cheval, il est préparé pour toi. » Le meunier, tremblant, cherchait à s'esquiver. Le diable lui cria d'une voix terrible: « Plus de retard! Ôte ta robe, et suis-moi... »
Or, Godeslas portait une petite croix attachée à sa robe. Il ne réfléchit point que ce-signe le garantissait. Il fit ce qu'on lui commandait, et grimpa sur le cheval noir, ou plutôt sur le démon qu'on lui disait de monter. Le diable se jeta sur l'autre cheval, et ces quatre personnages s'éloignèrent, allant aux enfers. Là on fit voir au meunier une chaise enflammée, où l'on ne pouvait attendre ni tranquillité, ni repos, et on lui dit: « Tu vas retourner dans la maison, tu mourras dans trois jours, et lu reviendras ici pour y passer l'éternité tout entière sur cette chaise brûlante. » A ces paroles, le diable reconduisit Godeslas à son moulin.


La mort de Godeslas

Sa femme, qui trouvait son absence longue, se leva enfin, et fut étonnée de le voir étendu sur le carreau, mourant de peur.
Comme il parlait de l'enfer, du diable, de la mort, d'une chaise ardente, on envoya chercher un prêtre pour le rassurer. « Je n'ai pas besoin de me confesser, dit-il au prêtre, mon sort est fixé. Ma chaise est prête, ma mort arrive dans trois jours. Ma peine est inévitable. » El ce malheureux mourut sans vouloir se reconnaître.

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