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La croyance relative à Main



Les superstitions sur la main à travers les peuples

Les gens superstitieux prétendent qu'un signe de croix fait de la main gauche n'a aucune valeur, parce que la main droite est bénite et destinée aux œuvres pieuses. C'est pourquoi on habitue les enfants à tout faire de la main droite et à regarder la gauche comme nulle. Ce serait pourtant un grand avantage que de pouvoir se servir également des deux mains.
Les noirs ne portent jamais les morceaux à la bouche que de la main droite, parce que, l'autre étant destinée au travail, il serait indécent, disent-ils, qu'elle touchât le visage, et c'est sacrilège chez eux que de blesser ce préjugé. Les habitants du Malabar ne sont pas moins scrupuleux: c'est chez eux un crime de toucher les aliments de la main gauche.
Dès les temps anciens, les Perses et les Mèdes faisaient toujours serment de la main droite.
Les Romains lui donnaient une si haute préférence sur la gauche, que lorsqu'ils se mettaient à table, ils se couchaient sur le côté gauche pour avoir l'autre entièrement libre. Ils se défiaient tellement de la main gauche, que quand ils voulaient représenter l'amitié, ils la figuraient par deux mains droites réunies.


L'art de lire dans les lignes de la main

Voici les principes de l'art de dire la bonne aventure dans la main, science célèbre parmi les sciences mystérieuses, appelée par les adeptes chiromancie et chiroscopie, et cultivée spécialement par les bohémiennes.
Il y a dans la main plusieurs parties qu'il est important de distinguer: la paume ou dedans de la main, le poing ou dehors de la main lorsqu'elle est fermée, les doigts, les ongles, les jointures , les lignes et les montagnes. Il y a cinq doigts: le pouce, l'index, le majeur, l'annulaire, l'auriculaire. Il y a 15 jointures: 3 à l'auriculaire, 3 à l'annulaire, 3 au majeur, trois à l'index, deux au pouce et une entre la main et le bras.
Il y a quatre lignes principales:

  • La ligne de la vie, qui est la plus importante, commence au haut de la main, entre le pouce et l'index, et se prolonge au bas de la racine du pouce, jusqu'au milieu de la jointure qui sépare la main du bras.
  • La ligne de la santé et de l'esprit, qui a la même origine que la ligne de vie, entre le pouce et l'index, coupe la main en deux et finit au milieu de la base de la main, entre la jointure du poignet et l'origine du petit doigt.
  • La ligne de la fortune ou du bonheur, qui commence à l'origine de l'index, finit sous la base de la main, en deçà de la racine du petit doigt.
  • La ligne de la jointure, qui est la moins importante, se trouve sous le bras, dans le passage du bras à la main. C'est plutôt un pli qu'une ligne.

On remarque une cinquième ligne qui ne se trouve pas dans toutes les mains. Elle se nomme ligne du triangle, parce que, commençant au milieu de la jointure, sous la racine du pouce, elle finit sous la racine du petit doigt. Il y a aussi sept tubérosités ou montagnes, qui portent le nom des sept planètes. Nous les désignerons tout à l'heure.
Pour la chiromancie, on se sert toujours de la main gauche, parce que la droite, étant plus fatiguée, présente quelquefois dans les lignes des irrégularités qui ne sont point naturelles. On prend donc la main gauche lorsqu'elle est reposée, un peu fraîche et sans aucune agitation, pour voir au juste la couleur des lignes et la forme des traits qui s'y trouvent. La figure de la main peut déjà donner une idée, sinon du sort futur des personnes, au moins de leur naturel et de leur esprit. En général, une grosse main annonce un esprit bouché, à moins que les doigts ne soient longs et un peu déliés. Une main potelée, avec des doigts qui se terminent en fuseaux, comme on se plaît à en souhaiter aux femmes, n'annonce pas un esprit très étendu. Des doigts qui rentrent dans la main sont le signe non équivoque d'un esprit lent, quelquefois d'un naturel enclin à la fourberie. Des doigts qui se relèvent au-dessus de la main annoncent des qualités contraires. Des doigts aussi gros à l'extrémité qu'à la racine n'annoncent rien de mauvais. Des doigts plus gros à la jointure du milieu qu'à la racine n'annoncent rien que de bon.


La ligne de la jointure

Si la ligne de la jointure, qui est quelquefois double, est vive et colorée, elle annonce un heureux tempérament. Si elle est droite, également marquée dans toute sa longueur, elle promet des richesses et du bonheur. Si la jointure présentait quatre lignes visibles, égales et droites, on peut s'attendre à des honneurs, à des dignités, à de riches successions. Si elle est traversée de trois petites lignes perpendiculaires, ou marquée de quelques points bien visibles, c'est le signe certain qu'on sera trahi. Des lignes qui partent de la jointure et se perdent le long du bras annoncent qu'on sera exilé. Si ces lignes se perdent dans la paume de la main, elles présagent de longs voyages sur terre et sur mer.
Une trois qui porte la figure d'une croix sur la ligne de la jointure est chaste, douce, remplie d'honneur et de sagesse. Elle fera le bonheur de son époux.


La ligne de vie

Si la ligne de vie, qui se nomme aussi ligne du cœur, est longue, marquée, égale, vivement colorée, elle présage une vie exempte de maux et une belle vieillesse. Si cette ligne est sans couleur, tortueuse, courte, peu apparente, séparée par de petites lignes transversales, elle annonce une vie courte, une mauvaise santé. Si cette ligne est étroite, mais longue et bien colorée, elle désigne la sagesse, l'esprit ingénieux. Si elle est large et pâle, c'est le signe quelquefois de la sottise. Si elle est profonde et d'une couleur inégale, elle dénote la malice, le babil, la jalousie, la présomption. Lorsqu'à son origine, entre le pouce et l'index, la ligne de vie se sépare en deux, de manière à former la fourche, c'est le signe de l'inconstance.
Si cette ligne est coupée vers le milieu par deux petites lignes transversales bien apparentes, c'est le signe d'une mort prochaine. Si la ligne de vie est entourée de petites rides qui lui donnent la forme d'une branche chargée de rameaux, pourvu que ces rides s'élèvent vers le haut de la main, c'est le présage des richesses. Si ces rides sont tournées vers le bas de la main, elles annoncent la pauvreté. Toutes les fois que la ligne de vie est interrompue, brisée, c'est autant de maladies.


La ligne de la santé et de l'esprit

La ligne de la santé et de l'esprit est aussi appelée ligne du milieu. Lorsqu'elle est droite, bien marquée, d'une couleur naturelle, elle donne la santé et l'esprit, le jugement sain, une heureuse mémoire et une conception vive. Si elle est longue, on jouira d'une santé parfaite. Si elle est tellement courte qu'elle n'occupe que la moitié de la main, elle dénote la timidité, la faiblesse, l'avarice.
Si la ligne de santé est tortueuse, elle donne le goût du vol; droite, au contraire, c'est la marque d'une conscience pure et d'un cœur juste. Si cette ligne s'interrompt vers le milieu pour former une espèce de demi-cercle, c'est le présage qu'on sera exposé à de grands périls avec les bêles féroces.


La ligne de la fortune ou du bonheur

La ligne de la fortune ou du bonheur commence, comme nous l'avons dit, sous la racine de l'index, et se termine à la base de la main, en deçà de la racine du petit doigt. Elle est presque parallèle à la ligne de santé. Si la ligne de la fortune est égale, droite, assez longue et bien marquée, elle annonce un excellent naturel, la force, la modestie et la constance dans le bien. Si, au lieu de commencer sous la racine de l'index, entre l'index et le doigt du milieu, elle commence presqu'au haut de la main, c'est le signe de l'orgueil. Si elle est très rouge dans sa partie supérieure, elle dénote l'envie.
Si la ligne de la fortune est chargée de petites lignes formant dès rameaux qui s'élèvent vers le haut de la main, elle présage les dignités, le bonheur, la puissance et les richesses. Mais si cette ligne est absolument nue, unie, sans rameaux, elle prépare la misère et l'infortune.
S'il se trouve une petite croix sur la ligne de la fortune, c'est la marque d'un cœur libéral, ami de la véracité, bon, affable, orné de toutes les vertus.
Si la ligne du bonheur ou de la fortune, au lieu de naître où nous l'avons dit, prend racine entre le pouce et l'index au même lieu que la ligne de santé, de façon que les deux lignes forment ensemble un angle aigu, on doit s'attendre à de grands périls, à des chagrins. Si la ligne de santé ne se trouvait pas au milieu de la main, et qu'il n'y eût que la ligne de vie et la ligne de la fortune ou du bonheur, réunies à leur origine de manière à former un angle, c'est le présage qu'on perdra la tête à la bataille, ou qu'on sera blessé mortellement dans quelque affaire.
Si la ligne de la fortune est droite et déliée dans sa partie supérieure, elle donne le talent de gouverner sa maison et de faire une face honnête à ses affaires. Si cette ligne est interrompue vers le milieu par de petites lignes transversales, elle indique la duplicité.
Si la ligne de la fortune est pâle dans toute sa longueur, elle promet la pudeur et la chasteté.


La ligne du triangle

La ligne du triangle manque dans beaucoup de mains, sans qu'on en soit plus malheureux. Si la ligne du triangle est droite, apparente (car ordinairement elle paraît peu), et qu'elle s'avance jusqu'à la ligne de la santé, elle promet de grandes richesses. Si elle se prolonge jusque vers la racine du majeur, elle donne les plus heureux succès. Mais si elle se perd au-dessous de la racine du petit doigt, vers le bas de la main, elle amène des rivalités. Si elle est tortueuse, inégale, de quelque côté qu'elle se dirige, elle annonce que l'on ne sortira pas de la pauvreté.


Les tubérosités

L'éminence qui se trouve à la racine du pouce et s'étend jusqu'à la ligne de la vie se nomme la montagne de Vénus. Quand cette tubérosité est douce, unie, sans rides, c'est l'indice d'un heureux tempérament. Si cette montagne est ornée d'une petite ligne parallèle à la ligne de vie, et voisine de cette ligne, c'est le présage des richesses.
Si le pouce est traversé dans sa longueur de petites lignes qui se rendent de l'ongle à la jointure, ces lignes promettent un grand héritage. Mais si le pouce est coupé de lignes transversales, comme le pli des jointures, c'est le signe qu'on fera des voyages longs et périlleux. Si le pouce ou la racine du pouce présentent des points ou des étoiles, c'est la gaieté.
L'éminence qui se trouve à la racine de l'index se nomme la montagne de Jupiter. Quand cette tubérosité est unie et agréablement colorée, c'est le signe d'un heureux naturel et d'un cœur porté à la vertu. Si elle est chargée de petites lignes doucement marquées, on recevra des honneurs et des dignités importantes.
La tubérosité qui s'élève dans la paume de la main à la racine du majeur se nomme la montagne de Saturne. Si cette éminence est unie et naturellement colorée, elle marque la simplicité et l'amour du travail. Mais si elle est chargée de petites rides, c'est le signe de l'inquiétude, c'est l'indice d'un esprit prompt à se chagriner. Si la jointure qui sépare la main du doigt du milieu présente des plis tortueux, elle désigne un jugement lent, un esprit paresseux, une conception dure. Une femme, qui aurait sous le doigt du milieu, entre la seconde jointure et la jointure voisine de l'ongle, la figure d'une petite croix, porterait là un signe heureux pour l'avenir.
La tubérosité qui se trouve à la racine du doigt annulaire se nomme la montagne du Soleil. Si cette montagne est chargée de petites lignes naturellement marquées, elle annonce un esprit vif et heureux, de l'éloquence, des talents pour les emplois, un peu d'orgueil. Si ces lignes ne sont qu'au nombre de deux, elles donnent moins d'éloquence, mais aussi plus de modestie. Si la racine du doigt annulaire est chargée de lignes croisées les unes sur les autres, celui qui porte ce signe sera victorieux sur ses ennemis et l'emportera sur ses rivaux.
L'éminence qui s'élève dans la main à la racine du petit doigt se nomme la montagne de Mercure. Si cette éminence est unie, sans rides, on aura un heureux tempérament, de la constance dans l'esprit et dans le cœur; les hommes, de la modestie; les femmes, de la pudeur. Si cette éminence est traversée par deux lignes légères qui se dirigent vers le petit doigt, c'est la marque de la libéralité.
L'espace qui se trouve sur le bord inférieur de la main au-dessous de la montagne de Mercure, depuis la ligne du bonheur jusqu'à l'extrémité de la ligne de l'esprit, se nomme la montagne de la Lune. Quand cet espace est uni, doux, net, il indique la paix de l'âme et un esprit naturellement tranquille. Lorsqu'il est fort coloré, c'est le signe de la tristesse, d'un esprit chagrin et morose, et d'un tempérament mélancolique. Si cet espace est chargé de rides, il annonce des voyages et des dangers sur mer.
L'espace qui se trouve sur le bord inférieur de la main, en deçà de la montagne de la Lune, depuis l'extrémité de la ligne de l'esprit jusqu'à l'extrémité inférieure de la ligne de la jointure, se nomme la montagne de Mars. Quand cet espace est uni, doux et net, il est le caractère du vrai courage et de cette bravoure que la prudence accompagne toujours. S'il est fortement coloré, il désigne l'audace, la témérité. Lorsque la montagne de Mars est chargée de grosses rides, ces rides sont autant de dangers plus ou moins grands, suivant la profondeur et la longueur des rides. C'est aussi le présage d'une mort possible entre les mains des brigands, si les lignes sont livides. Elles sont l'indice d'un trépas funeste si elles sont fort rouges; d'une mort glorieuse au champ de bataille si elles sont droites.


Les deux sortes de chiromancie

On voit, dans tous les livres qui traitent de la chiromancie, que les doctes en cette matière reconnaissaient deux sortes de divinations par le moyen de la main:

  • La chiromancie physique, qui, par la simple inspection de la main, devine le caractère et les destinées dès personnes.
  • La chiromancie astrologique, qui examine les influences des planètes sur les lignes de la main, et croit pouvoir déterminer le caractère et prédire ce qui doit arriver en calculant ces influences.

Nous nous sommes plus appesantis sur les principes de la chiromancie physique, parce que c'est la seule qui soit encore en usagé. C'est aussi la plus claire et la plus ancienne.
Aristote regarde la chiromancie comme une science certaine. Auguste disait lui-même la bonne aventure dans la main. Mais Torquemada pense qu'on ne peut pas être chiromancien sans avoir aussi un peu de nécromancie, et que ceux qui devinent juste, en vertu de cette science, sont inspirés par quelque mauvais esprit.


La main de gloire

Ce que les sorciers appellent main de gloire est la main d'un pendu, qu'on prépare de la sorte:
On l'enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, en le pressant bien, pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait y être resté. Puis on la met dans un vase de terre, avec du sel, du salpêtre, du zimat et du poivre long, le tout bien pulvérisé. On la laisse dans ce pot l'espace de quinze jours. Après quoi, on l'expose au grand soleil de la canicule, jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement desséchée. Si le soleil ne suffit pas, on la met dans un four chauffé de fougère et de verveine. On compose ensuite une espèce de chandelle, avec de la graisse de pendu, de la cire vierge et du sésame de Laponie. Et on se sert de la main de gloire comme d'un chandelier, pour tenir cette merveilleuse chandelle allumée. Dans tous les lieux où l'on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles, et ne peuvent non plus remuer que s'ils étaient morts. Il y a diverses manières de se servir de la main de gloire, que les scélérats connaissent bien. Mais, depuis qu'on ne pend plus chez nous, ce doit être chose rare.
Deux magiciens, étant venus loger dans un cabaret pour y voler, demandèrent à passer la nuit auprès du feu. Ce qu'ils obtinrent. Lorsque tout le monde fut couché, la servante, qui se défiait de la mine des deux voyageurs, alla regarder par un trou de la porte pour voir ce qu'ils faisaient. Elle vit qu'ils tiraient d'un sac la main d'un corps mort, qu'ils en oignaient les doigts de je ne sais quel onguent, et les allumaient, à l'exception d'un seul qu'ils ne purent allumer, quelques efforts qu'ils fissent. Et cela parce que, comme elle le comprit, il n'y avait qu'elle des gens de la maison qui ne dormit point. Car les autres doigts étaient allumés pour plonger dans le plus profond sommeil ceux qui étaient déjà endormis. Elle alla aussitôt à son maître pour l'éveiller, mais elle ne put en venir à bout, non plus que des autres personnes du logis, qu'après avoir éteint les doigts allumés, pendant que les deux voleurs commençaient à faire leur coup dans la chambre voisine. Les deux magiciens, se voyant découverts, s'enfuirent au plus vite, et on ne les trouva plus.
Les voleurs ne peuvent se servir de la main de gloire quand on a eu la précaution de frotter le seuil de la porte avec un onguent composé de fiel de chat noir, de graisse de poule blanche et de sang de chouette, lequel onguent doit être fait dans la canicule.


La main invisible

Gaspard Schotter, dans sa Magie universelle, rapporte le fait suivant, dont il a été témoin dans son enfance, et qu'il a entendu raconter à des témoins plus âgés que lui:
Deux compagnons sortaient d'une ville, armés et portant leur bagage, pour aller travailler dans une autre contrée. L'un d'eux, ayant trop bu, attaque l'autre, qui refuse de se battre avec un homme ivre. Mais il reçut un coup à la tête. Voyant couler son sang, il riposta et perça de part en part le malheureux ivrogne. On accourt aussitôt de la ville, et parmi les assistants se trouve la femme même du mort. Dans le moment qu'elle donne des soins à son époux, le meurtrier, qui s'enfuyait, se sentit saisi par une main invisible, et fut entraîné auprès du magistrat, lequel le fit mettre en prison. Qu'était-ce que cette main invisible? Celle du mort qui revenait dégrisé.

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