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La croyance relative à Templiers



L'émergence de l'ordre des Templiers

Vers l'an 1118, quelques pieux chevaliers se réunirent à Jérusalem pour la défense du Saint-Sépulcre et pour la protection des pèlerins. Le roi Baudouin leur donna une maison, bâtie aux lieux que l'on croyait avoir été occupés par le temple de Salomon. Ils prirent de là le nom de Templiers et appelèrent temple toute maison de leur ordre.
Dans l'origine ils ne vivaient que d'aumônes, et on les nommait aussi les pauvres de la sainte cité. Mais ils rendaient tant de services, que les rois et les grands s'empressèrent de leur donner des biens considérables. Ils firent les trois vœux de religion. En 1128, au concile de Troyes, saint Bernard leur donna une règle. En 1146, le pape Eugène III détermina leur habit, sur lequel ils portaient une croix. Cet ordre se multiplia rapidement, fit de très grandes choses et s'enrichit à tel point, qu'en 1312, après moins de deux siècles d'existence, il possédait en Europe 9000 maisons ou seigneuries.


Des chevaliers devenus corrompus

Une si grande opulence amena, parmi les Templiers, la corruption. Ils finirent par mépriser leur règle. Ils se rendirent indépendants des puissances dont ils devaient être les soutiens. Ils exercèrent des brigandages et se montrèrent presque partout insolents et séditieux.
On les accusait sourdement de former entre eux une société secrète pleines de mystères, qui se proposait l'envahissement de l'Europe. On disait que dans leur intimité, ils abjuraient la religion chrétienne et pratiquaient un culte souillé de superstitions abominables. La magie, la sorcellerie, l'adoration du diable leur étaient reprochées. Philippe-le-Bel, qui voyait en eux des ennemis de la société et de l'église, fit rechercher leur conduite. Sur les révélations de deux criminels détenus dans les prisons, et dont l'un était un templier apostat, Philippe fit arrêter et interroger à Paris plusieurs templiers. Ils avouèrent, les abominations dont on accusait l'ordre. C'était dans l'année 1307.


Le procès des Templiers

Ce commencement d'enquête jeta quelque alarme parmi les Templiers. Au mois d'août, le grand-maître et plusieurs des principaux chevaliers s'en plaignirent au pape, et forts de leur puissance partout assise, ils demandèrent hardiment que si on avait un procès à leur faire, on le fit régulièrement. Ils comptaient imposer silence aux clameurs par un ton si tranchant. Mais Philippe-le-Bel les prit au mot, et le 13 octobre il fit arrêter dans ses états tous les Templiers. Le 15, il assembla le clergé de Paris, fit convoquer le peuple et ordonna que l'on rendît compte publiquement des accusations portées contre les chevaliers du Temple. On ne pouvait procéder plus loyalement.
Les Templiers étaient accusés:

  • 1° De renier Jésus-Christ à leur réception dans l'ordre, et de cracher sur la croix.
  • 2° De commettre entre eux des impuretés abominables.
  • 3° D'adorer dans leurs chapitres généraux une idole à tête dorée, et qui avait quatre pieds.
  • 4° De pratiquer la magie.
  • 5° De s'obliger à un secret impénétrable par les serments les plus adieux.

Les deux premiers articles furent avoués par 140 des accusés. Trois seulement nièrent tout.
Le pape Clément V s'opposa d'abord aux poursuites commencées contre ces religieux militaires. Il n'autorisa leur continuation qu'après avoir interrogé lui-même, à Poitiers, 72 chevaliers, et s'être convaincu par leurs aveux de la vérité des faits. Il y eut dès lors des commissaires nommés. Des informations se firent dans toutes les grandes villes. Les bulles du pape furent envoyées à tous les souverains, pour les exhorter à faire chez eux ce qui se faisait en France.
Quoique les Templiers tinssent à tout ce qu'il y avait de plus grand dans les divers états, partout les accusations élevées contre eux devinrent si évidentes que partout ils furent abandonnés. Jacques de Molai, leur grand-maître, qui du reste était très ignorant, avoua à Chinon, le 20 août 1308, les crimes déclarés, et les désavoua à Paris, le 26 décembre 1309. Mais le désaveu ne prouve rien. Les confessions avaient été faites librement et sans tortures. Par toute l'Europe vérité était reconnue de tous. Une bulle, publiée le 3 avril 1312, au concile de Vienne en Dauphiné, déclara l'ordre des Templiers aboli et proscrit.
Les chevaliers furent dispersés. Les principaux chefs condamnés à une prison perpétuelle, après qu'ils auraient fait leur confession publique.


La condamnation de Jaques de Molai

Un échafaud fut dressé devant Notre-Dame. C'est là que Jaques de Molai et un autre des hauts chevaliers devaient faire amende honorable. Jacques de Molai avait de nouveau confessé la vérité. Au lieu de faire l'aveu qu'on attendait en public, dès qu'il fut sur l'échafaud, il rétracta une seconde fois sa confession, l'autre chevalier l'imita. Et c'est alors que Philippe-le-Bel, indigné, assembla son conseil, qui condamna les deux grands coupables à être brûlés.
Leur supplice eut lieu ce même jour 18 mars 1314. On voit que leur procès avait duré 7 ans. Si la passion s'en fût mêlée, comme on l'a tant écrit, il eût marché plus vite. Par ailleurs, il n'est pas vrai que Jacques de Molai ait ajourné le roi et le pape, comme on l'a dit aussi pour produire un effet de théâtre. Lui et ses compagnons infortunés se bornèrent à invoquer vainement la vengeance céleste contre leurs juges.

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