Accueil > Les croyances commençant par V > La croyance en voltigeur hollandais

La croyance relative à Voltigeur hollandais



Un équipage condamné à errer éternellement sur les mers

Les marins de toutes les nations croient à l'existence d'un bâtiment hollandais dont l'équipage est condamné par la justice divine, pour crime de pirateries et de cruautés abominables, à errer sur les mers jusqu'à la fin des siècles. On considère sa rencontre comme un funeste présage.


L'apparition du navire fantôme

Un écrivain du XIXe siècle a fort bien décrit cette croyance dans une scène maritime que nous transcrivons:
« Mon vieux m'a souvent raconté, lorsque, tout petit, il me berçait dans ses bras pour m'accoutumer au roulis, et il jurait, que c'était la pure vérité, qu'étant un jour, ou plutôt une nuit, dans les parages du cap de Bonne-Espérance, un malavisé de mousse jeta par dessus bord un chat vivant qu'il avait pris en grippe, et qu'aussitôt, comme cela ne pouvait manquer d'arriver, un affreux coup de vent assaillit le navire, lequel, ne pouvant supporter une seule aune de toile, fut obligé de fuir à sec, devant la bourrasque, avec une vitesse d'au moins douze nœuds.
Ils étaient dans cette position, lorsque, vers minuit, ils virent tout à coup, à leur grand étonnement, un bâtiment de construction étrangère, courir droit dans le lit du vent, qui était cependant alors dans sa plus grande violence. Pendant qu'ils examinaient ce singulier navire, dont les voiles pendaient en lambeaux et dont les œuvres mortes étaient recouvertes d'une épaisse couche de coquillages et d'herbes marines, comme s'il n'eût pas été nettoyé depuis de longues années, il s'en détacha une barque, qui semblait plutôt voler que flotter sur cette mer orageuse, laquelle ayant bien accosté, il en sortit un homme ayant la barbe longue, le teint pâle et les yeux fixes et creux comme ceux d'un cadavre.
Glissant sur la lisse et puis sur le pont sans faire le moindre bruit, comme si c'eût été une ombre, il alla se placer au pied du mât d'artimon et engagea, en pleurant, les matelots à recevoir un paquet de lettres qu'il tenait dans sa main osseuse comme celle d'un squelette, ce que le capitaine leur fit signe de refuser.
J'avais oublié de vous dire, continua le narrateur en baissant la voix, tandis que ses auditeurs terrifiés se serraient de plus en plus les uns contre les autres, qu'aussitôt que l'épouvantable apparition eut posé les pieds sur le pont, toutes les lumières s'étaient subitement éteintes, même celle qui éclairait la boussole dans l'habitacle, et qu'au même instant aussi, chose non moins étrange, le navire commença à marcher à reculons avec une étonnante rapidité, contre le vent et les vagues, tandis que des milliers de petites flammes se jouaient dans les cordages et jetaient une étrange lueur sur les visages des matelots frappés de terreur.
« Au nom de Dieu tout-puissant, je t'ordonne de quitter mon bord! » s'écria enfin le capitaine en s'adressant au spectre. A peine ces mots eurent-ils été prononcés, qu'un cri long et aigu, tel que mille voix humaines n'auraient pu en produire un semblable, domina le bruit de la tempête, qu'un horrible coup de tonnerre ébranla le bâtiment jusqu'à sa quille...»


Une fin heureuse

Le navire eut le bonheur d'échapper, ce qui est rare. On dit encore que ceux qui ont reçu les lettres que les matelots fantômes du navire appelé Voltigeur hollandais envoyaient à leurs parents et amis, ont vu qu'elles étaient adressées à des personnes qui n'existent plus depuis des siècles.

Autres croyances :